
Cet article, paru dans Ouest-France du 15 janvier 2009 édulcore les faits. Je vous retrace l'exact déroulement de cette manifestation :
Aux environs de 15 heures, l'ACIPA nous informait que des engins procédaient à des prélèvements sur une parcelle de la commune de Notre Dame des Landes. Toutes affaires cessantes, nous filions Michel et moi sur le site. Sur place, une trentaine d'opposants au projet encerclaient les engins, calmement. Les agents de la DDE, n'ayant pu mener leur mission à son terme , se tenaient à distance des opposants, semblant attendre une directive de leur hiérarchie
Pressentant que l'affaire allait tourner au vinaigne, j'inclinais Michel à regagner notre voiture, ce qu'il fit.
Les forces de l'ordre devisaient avec les manifestants, une ambiance "bon enfant". Deux heures plus tard, le responsable du collectif d'associations nous exposait le challenge : s'emparer des carottes, d'autorité, ou demeurer sur place, jusqu'à ce qu'il soit accédé à notre exigence.

Le chef de chantier se refusant à nous remettre les carottes, trois manifestants brisaient les vitres du véhicule, sortaient les échantillons, les piétinaient.
Les renseignemnts généraux, également présents sur le site, ameutaient les forces embusquées dans les taillis (brigades accompagnées de chiens) qui fondirent sur le groupe (lequel s'était étoffé dans l'intervalle), pourchassant impoyablement les "preneurs d'échantillons" pris en photo par les RG au moment des faits. La foule tentait de s'opposer à leur arrestation, c'était sans compter sur la fureur des forces de l'ordre ! A cet instant, j'aperçus un agent en train de molester un opposant, âgé, face contre terre, bras et jambes fermement plaqués dans la gadoue. Je saisissais l'agent par la ceinture, lui "ordonnant" de lâcher prise, ce qu'il fit, non sans m'avoir vigoureusement poussée dans un buisson d'ajoncs. Comme une furie, je me relevais, lui criait "Je vous interdis de me toucher Monsieur". S'en suivi une joute oratoire, bien inutile, vous le comprenez aisément. Ils étaient très nombreux, nous, pas assez.
Par une savante manoeuvre, les gendarmes traçaient une ligne humaine séparant d'un côté les ouvriers, de l'autre les opposants. Les premiers filaient avec leur camion, vide, sous bonne garde. Nous tentions de négocier la mise en liberté de nos camarades, ce que vous me voyez faire sur la première photo.
Il fallut encore une bonne heure avant que nous puissions regagner nos véhicules. Une journée... Ouah !!!!!! très chaude. Nous ne laisserons pas faire, je vous l'assure ! Si vous le pouvez, venez "discuter" avec notre Sénateur, lequel organise un débat à St Gildas des bois le jeudi 22 à 20 H 30



