mercredi 22 novembre 2006

Johann - Police partout, justice nulle part!

Hier soir, en me rendant au métro, j'ai été surpris de devoir franchir un épais cordon de CRS avant d'accéder à la station "Porte de Vincennes".
Surpris je m'adresse à un groupe de pompiers isolés derrière le cordon et leur demande qui manifeste : "C'est nous ! Et les CRS nous gazent!"
Une fois franchie les trois rangs serrés et impressionnants de CRS (avec force politesse. J'ai constaté qu'il s'agissait de gendarmes mobiles), je découvre l'avenue du trône en état de siège, embrumée par les gaz lacrymogènes qui striaient l'espacel comme s'il se fut agi de feux de bengale :
Les pompiers étaient venus exprimer leur colère après avoir essuyé plusieurs refus concernant une demande d'une hausse de salaires (70 euros) et la renégociation du protocole de départ à la retraite, cette profession n'étant pas considérée "à risque" ! On rêve !
Ainsi donc, une nouvelle fois, le préfet a envoyé les gendarmes mobiles (équivalent aux CRS mais en plus féroces) contre les pompiers ! Le ministre nain y est allé de sa provocation et a fait embarquer sept manifestants.
Voilà où nous en sommes en France : les forces de l'ordre gazent les pompiers...
Enfin, pour une fois, les gendarmes ont dégusté face à un groupe de pompiers très remontés. La violence, de quels côtés qu'elle vienne, est toujours lamentable mais il est triste de constater qu'en France, l'on n'obtient rien sans démonstrations de force sur le pavé parisien. Lorsque l'on sait que le rôle des policiers est de stopper une manifestation afin qu'elle ait le moins de visibilité possible, on ne s'étonne pas que la méthode entraîne des heurts...
Finalement, je peux vous dire qu'on n'en mène pas large devant ces "robocops", ces gendarmes mobiles armés de boucliers et de casques. Ils sont rompus à toutes les violences, sont prêts à tout subir et à entendre. Et quand ils chargent...

2 commentaires:

Jacqueline et Johann a dit…

Pour avoir fait quelques manifestations à Paris et en banlieue, je sais toute la violence dont sont capables les forces de police, et les manifestants... Je me souviens particulièrement des manifestations qui eurent lieu durant trois semaines en hiver 95/96 à Nantes : après des défilés de travailleurs, le soir, devant la Préfecture, les étudiants continuaient de manifester bruyamment, insultant et crachant au visage des CRS, qui restaient impassibles durant des heures. Et soudain, quand l'ordre leur était donné de charger, c'était terrible ! Gaz, poursuites (la chasse aux lapins comme disait Coluche, et il faut courir vite), et les malheureux qui tombaient entre les mains des CRS, payaient pour les autres entre deux camions.... J'entends encore les coups de gourdin, les coups de pieds...

Les autorités françaises et les chefs d'entreprises ont l'art de faire traîner les négociations, pensant que les velléitaires vont se lasser sans doute ; ils se moquent, méprisent les contestataires, les représentants syndicaux qui n'en peuvent mais... Il en a toujours été ainsi. "Le pouvoir", celui qui le détient se sent tout puissant, à l'abri... et l'Histoire pourtant a démontré qu'après l'abus, l'humiliation, le mépris, viennent les règlements de comptes... avec les débordements que l'on a connu...
J'ai aussi vu des CRS socialement efficaces ; je songe aux maîtres nageurs, à ceux qui enseignent le code de la route et les gestes qui sauvent... derrière le CRS, il y a l'homme.
La question : doit-on, lorsque l'on est "garant de la paix civile" tout accepter, répondre à tous les ordres ?

Nicolas Jégou a dit…

L'avenue du Trone, en état de siège, c'est normal !