jeudi 22 mai 2008

Johann - Le rêve de Bismarck.

La récente découverte d'un texte par le cinéaste belge, Patrick Taliercio, fait beaucoup de bruit dans le landerneau Littéraire. En effet, cet article publié le 25 novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes est signé Jean Baudry, pseudonyme alors du célèbre Arthur Rimbaud.
A cette époque, le jeune artiste a 16 ans et pense faire carrière dans le journalisme. Ce sera un échec. Et si l'on savait que l'auteur de la "fantaisie" en question avait effectivement proposé des textes à cette publication, on ignorait que cet écrit, intitulé "le rêve de Bismarck" fût publié.

Voici le contexte à l'époque;


Septembre 1870. Les armées de Napoléon III sont battues à Sedan et piégées à Metz. Les Prussiens font le siège de Mézières. C’est la guerre civile : la Commune enflamme Paris, et d’autres républicains se soulèvent en province.

Jacoby, ancien révolutionnaire de 1848, fonde le Progrès des Ardennes, journal de gauche, imprimé rue du Château, à Mézières. Jeune idéaliste, Rimbaud envoie des textes à ce journal dont il aime les idées contestataires.

Le 31 décembre 1870, des obus s’abattent sur Mézières. L’imprimerie du Progrès est détruite, emportant dans ses ruines incendiées des stocks entiers de publications. Malgré la reprise courageuse de ses activités - Rimbaud y travailla d’ailleurs, quelques mois plus tard, pour trier les dépêches - Jacoby ne parvint pas à résister au front conservateur qui avait repris les rênes de l’État. Le Progès fut interdit en avril 1871, à la veille presque de la Semaine sanglante.


Concernant le texte;

Rimbaud sentait déjà que la révolte germait à Paris : anti-prusienne mais aussi et surtout républicaine et socialiste. Le vieux chef qui s’assoupit, repu et engraissé, c’est aussi le bourgeois, l’archétype d’un monde à renverser.


Voici le texte en question;


C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu. Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre.

A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées,

— et s'arrête… Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine !

— Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !… Bismarck médite.

Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris. Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage,

— enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile. Paris ! Paris !

— Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert, que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…

Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux ! Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !

— Cachez, cachez ce nez !… Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais

(lignes manquantes)

Voilà ! fallait pas rêvasser !

Jean Baudry


La paternité de ce texte fait pourtant encore débat. Les rumeurs sur le net parlent d'un faux grossier qui aurait pourtant trompé tous les spécialistes du poète. Je pense que nous saurons bientôt discerner le vrai du faux.

Cette histoire rapelle pourtant les secrets perdus les plus fous et c'est certainement pour cela qu'elle déchaîne les passions.

C'est l'occasion pour nous de nous replonger dans les plus belles pages de cet artiste délicieux, aux vers gracieux et délicats.

jeudi 15 mai 2008

jacqueline - Déni de démocratie ! Merci l'UMP !

Mr. Nicolas Sarkozy avait sans doute pressenti le rejet du projet de loi sur les OGM le 13 mai lorsqu'il déclara, le 8, que "la vraie France n'était pas à Vichy". En effet, la tentative par les multinationales d'imposer leurs nécro-technologies n'est que l'aboutissement logique d'un système de confiscation du vivant qui a été mis en place durant la seconde guerre mondiale.
Suite à cette déclaration du Président de la République, qu'attend l'Etat Français pour déclarer inconstitutionnelles et faire passer à la trappe les institutions créées par un gouvernement Pétainiste :
- Le GNIS: Groupement National Interprofessionnel des Semences, créé en 1941.
- Le CTPS: Comité Technique Permanent de la Sélection, créé en 1942.
- Le SPV: Service de Protection des Plantes (la police des plantes), créé en 1941.
... des institutions, qui font le jeu et la fortune des multinationales et imposent la suprématie des semences de synthèse (hybrides F1 et OGMs).
La création de ces institutions Pétainistes a permis aux multinationales de l'agro-chimie de prendre la France en otage, avec la complicité des administrations et de l'INRA d'alors, et de mettre en place une agriculture mortifère fonctionnant grâce à des pesticides et à des fertilisants de synthèse qui ont transformé notre pays en poubelle agricole cancérigène et mutagène !
Après le passage en force de la loi sur les OGM, continuons le combat ! Que le peuple Français se porte partie civile pour amener devant les tribunaux les empoisonneurs publics que sont les Monsanto, les Syngenta, les Bayer, les Basf et tous les autres.

Interdisons les pesticides, les OGMs et autres nécro-carburants !

Et pour en revenir à la production prolifique de fausses institutions nées de la "fausse-France", quid de l'Ordre des Médecins créé en 1940 par le Maréchal Pétain, lequel en profita pour supprimer le diplôme de médecin herboriste et celui de médecin homéopathe? La création de cet Ordre n'aurait-elle pas favorisé le tout allopathique, à savoir la suprématie des médicaments de synthèse, au détriment des thérapies naturelles (naturopathie, phytothérapie, homéopathie...)?

Et quid de l'Ordre des Pharmaciens, créé en mai 1945 par une ordonnance du "gouvernement provisoire"? N'est-il pas le prolongement logique de la suppression par le Maréchal Pétain le 11 Septembre 1941 de la profession d'herboriste ? A cette époque, il avait 6000 herboristeries, aujourd'hui une vingtaine demeurent...
Aux USA, les médicaments de synthèse constituent la quatrième cause nationale de décès. Qu'en est-il en France? Les mêmes multinationales, qui contrôlent les semences de synthèse et l'agrochimie, contrôlent également l'industrie des médicaments de synthèse.. Est-ce une coïncidence ?
L'Amérique du Nord est en train de faire passer de nouvelles législations lesquelles vont confisquer ou criminaliser l'usage des plantes médicinales et autres produits thérapeutiques naturels. L'Europe est-elle en train de nous mijoter la même soupe toxique ?

article écrit par Dominique Guillet

«On arrête les “gangsters”, on tire sur les auteurs des “hold-up”, on guillotine les assassins, on fusille les despotes - ou prétendus tels - mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences?» Roger Heim en 1965. Président de l'Académie Nationale des Sciences

mercredi 14 mai 2008

Johann - Et pourtant...

Voilà deux belles semaines que nous n'écrivons rien sur le blog. Le temps doit paraître long à certains...
Il faut avouer que l'actualité ne nous aide pas tellement elle est vide ... : séisme en Chine, ouragan en Birmanie, Michel Fourniret qui s'autorise à parler lors de son procès, les augmentations de salaires indécentes des patrons, la mort de Jeunesse, de Sevran, la détérioration de la planète, côtée en bourse, le gouvernement qui, malgré le vote des députés, fait passer en force la loi sur les OGM... J'en passe... tant et tant...
Cette actualité ne s'arrête jamais et l'on ne peut s'intéresser qu'à 1/100ème voire moins de ce qui se passe dans le monde. Bien sûr, ce n'est pas une raison pour faire l'autruche et boycotter une information que l'on ne maîtrise pas mais il faut avouer que cela donne le tournis.
Rien que sur les questions environnementales, les centaines d'articles relatant la destruction systématique des écosystèmes me donnent la nausée et un sentiment d’impuissance.
Tout cela me donne l'impression d'une fuite en avant.
J'avais un débat assez intéressant l'autre jour à la maison avec des personnes dont l'opinion sur la politique s'arrêtait à "tous pourris, voleurs...". N'étant pas borné à ce point et, même si je sais les dérives de certains de nos dirigeants, je ne peux convenir d'une telle maxime. Tout est politique ! Notre façon de parler, de s'habiller, d'acheter, de jeter, tout cela, c'est de la politique. Car l'implication du citoyen ne se résume pas à glisser un bulletin de vote.
Le malheur veut même que les mêmes, qui bavent au son du "tous pourris", ne votent évidemment pas et pensent que, "l'un ou l'autre et bien, rien y changera" ! ces mêmes qui ne sont pas avares de critiques à l'encontre des différents gouvernements, des maires élus et même (ironie !) à l'égard des non élus !
La vérité est que ces gens là sont des égoïstes. Ils refusent de s'impliquer dans la vie de la nation. Ce sont des parasites qui ne se nourrissent que du choix des autres et dont la seule jauge d'intérêt sur l'actualité est leur confort personnel !
A cette personne, au chômage depuis plus de 6 mois, qui me tenait donc ce discours, j'ai donné le fond de ma pensée, à savoir : qu'en France, chaque jour, des millions d'hommes et de femmes se battent pour des causes qui leur paraissent justes, très souvent avec des moyens dérisoires, mais dans le collectif, et sans baisser les bras.
Enfin, je lui ai dit que pour ma part les nouvelles règles du libéralisme ne m’effrayaient pas . Je gagne bien ma vie, j'ai devant moi une marge de progression importante, et pourtant... pourtant, je vote, je lis, je me tiens informé. J'aime savoir dans quel monde j'évolue.

La "Même" me porte l'estocade en me disant "Oui mais toi Johann, tu as la chance d'avoir une éducation qui te permet d'avoir ces pensées là. Mais les plus pauvres ne voient pas si loin. Et puis tout le monde n'a pas le temps de s'informer..." (Au moins, c'est déjà reconnaître que le 20 heures, n'a pas grande valeur informative !)
Certainement. J'ai en tête l'exemple d'une femme né dans une grande misère sociale, élevée à la dure, en France profonde et qui, dans ce contexte difficile, a su intuitivement que pour s'en sortir, il fallait "savoir". Des centaines de livres, des flots d'amour plus tard, elle repasse son bac à 34 ans, reprend ses études... se bat, sur tous les fronts, une femme qui ne s'est jamais résignée …