Mardi, le givre vêtait les taillis et la ramure des grands arbres de girandoles de glace, comme des bouquets de verre fleuri... Johann et Bruno, embarqués dans deux TGV différents, venaient de gagner la maison, laquelle embaumait de parfums indiscernables.
C'était l'heure indécise où le ciel se veloute, quand naît un fourmillement d'étoiles, tableau d'un romanesque si raffiné, si parfait que l'on ne peut dégager sa part de charme et de mélancolie.
Bruno cherchait des accords sur l'ivoire du piano, Johann attisait le foyer, mes mains plongeaient dans la pâte, Michel mettait la dernière main à la décoration, passait sur le phono des chants de Noël, autant de gestes qui surchauffaient nos imaginations !
Et puis, le lendemain, Romuald, Stéphanie et Maël arrivaient ! Le bouquet éparpillé se renouait, enfin, comme par magie. Magique aussi le tissu sur lequel s'imprimait notre bonheur innoncent ... J'attendais ce moment depuis si longtemps... O Tannebaum ! Je rêvais éveillée, à perte d'âme !
Durant toute la nuit de Noël, ont brasillé les bougies, scintillé les lumières, lesquelles semaient dans toute la maison un poudroiement d'or ! Stéphanie et moi-même avions revêtu nos plus beaus atours, dans des nuances profonde ou tendre, anthracite et jaune pastel.
Les toasts au saumon, langoustines, avocats aux crevettes, rôti Orloff aux chataignes et mousse au chocolat furent arrosés de champagne et des meillleurs vins, apportés par Johann dans sa hotte, une merveille !
Pas besoin de s'inventer de liturgie cette nuit là ! Elle reste la même d'une année l'autre : chacun ouvre ses cadeaux, nombreux, s'esclaffe, remercie, embrasse, s'ébaudit, et le sapin, tout d'un coup, à froid au pied ! O Tannebaum ! Nous avons tous dormi sous le toit familial. Quel bonheur !

Je me levais dans la fine pointe du matin, sortais dans un froid piquant ; il était 7 heures 15. J'étais si heureuse de les savoir tous là, à portée de coeur ! Je crois que j'ai esquissé quelques entrechats. La journée s'annonçait douce et tendre. Ce fut le cas !
Je me levais dans la fine pointe du matin, sortais dans un froid piquant ; il était 7 heures 15. J'étais si heureuse de les savoir tous là, à portée de coeur ! Je crois que j'ai esquissé quelques entrechats. La journée s'annonçait douce et tendre. Ce fut le cas !
Demain, il y aura un printemps bleu, un été blond, un automne pourpre, et reviendra un nouvel hiver. Nous achèterons Michel et moi un nouveau sapin, plus beau que les précédents. O Tannebaum !


