Le 20 mars dernier, une femme de rendreux se jetait dans son puits. Son mari clame depuis que je suis responsable de ce geste funeste. Notre vie, depuis, est un enfer. Si je décide de publier ce message, c'est pour rétablir la vérité, laquelle ne me lavera jamais de l'opprobe dont moi et ma famille sommes l'objet .
..... Durant ces quatre vingt douze jours, j’ai mille fois été sur le point de franchir la route qui sépare nos deux maisons et puis, je ne pouvais pas, la souffrance que tu m’as infligée Jean-paul était toujours là bien que je t’avais pardonné depuis longtemps.
Avant de poursuivre dans ce chemin de la reconstruction, il y a quelques petites choses que je voudrais te préciser .
Début mai, à l’occasion de la fête de la femme, un correspondant de Presse Océan a souhaité parler de mes engagements féministes et de mon roman en cours, j’ai accepté, avec quelques réticences. Je te précise qu’il me faut 18 mois à deux ans pour écrire un livre lequel, lors de cet entretien, était achevé.
Il est venu un dimanche matin à la maison, nous sommes restés une petite heure ensemble.
Son article est paru le 8 mai. Ce jour là, j’ai visité Jeanne, laquelle m’a félicitée pour cet article, puis ce fut au tour de Renée et Jean Poulain de me dire qu’il l’avait également apprécié.
Le mercredi qui a précédé le décès de notre voisine, je l’ai aperçue dans le fond de son jardin, je lui ai demandé si elle allait bien, elle m’a répondu :
- Non, j’ai pris les trois lignes extraites de ton prochain roman pour moi.
Surprise, je lui ai expliqué comment je travaillais en lui précisant que cet ouvrage était parti à l’édition, donc écrit depuis bien longtemps avant qu’elle ne se décide à placer sa belle-mère en maison.
Alors elle m’a listé les choses qui l’oppressaient : la maladie de son mari, ses craintes de le voir sans travailler, le fait d’avoir eu des enfants après 40 ans et les difficultés qu’elle rencontrait pour les éduquer , sa fatigue, sa solitude etc…. Elle a appelé Joël, lequel a refusé de me parler.
C’est alors qu’elle m’a demandé si c’éta it moi qui avait laissé la photo de cet article dans sa boite et celle de sa belle-sœur.
J’en suis restée bouche bée ! Je lui expliqué que je ne pouvais afficher mon portrait dans un journal lu par des milliers de gens et aller sournoisement le placer dans ces boites. Au passage, je lui rappelé que j’étais d’une nature franche et que lorsque j’avais quelque chose à dire, je n’envoyais pas le facteur à ma place ! Je lui ai alors suggéré que dans son entourage familial ou de voisinage, une personne n’ayant pas le courage de lui dire franchement ce qu’il ou elle pensait du placement de Thérèse, avait de manière éhontée utilisé cet article pour le lui signifier.
J’ai insisté auprès de Marie-claude sur le sentiment que m’inspirait cet acte d’une grande lâcheté !
Elle a semblé rassurée et a de nouveau invité Joël à se joindre à notre entretien. Il s’est défilé. Déçue, elle m’a demandé de lui donner l’intégralité de l’entretien que j’avais eu avec M. CRUSSON (les articles sont très fréquemment taillés par la rédaction du journal). C’est à ce moment là qu’elle m’a instruite du lien qui unissait M. Crusson à Thérèse.
Et puis, est arrivée une de ses amies.
Je lui ai dit de ne pas se projeter dans les livres des écrivains, qu’étaient nombreux ceux qui étaient contraints de placer leurs parents en maison et qu’à ce compte, ils pourraient, eux aussi, se sentir ciblés par de tels écrits. Je l’ai invitée à passer à la maison dans la semaine pour en parler si elle le souhaitait, que cela me ferait plaisir de la voir.
Le lendemain, nous sommes passés Michel et moi chez elle pour discuter . Marie-Claude n’était pas là, Joël s’est défilé, une seconde fois…. J’ai laissé l’intégralité de mon entretien avec ce correspondant dans leur boite.(en PJ)
Tu connais la suite ………
Le courage pour Marie-claude Broussard aurait été d’élever ses enfants, celui de Joël eut été d’être plus attentif ……
J’ai aussi tenté de parler avec les Georget, lesquels, peu courageux, n’ont pas donné suite à ma main tendue. Ils préféraient sans doute eux aussi se défiler, c’est tellement plus facile de rejeter sa culpabilité sur un tiers…
J’ai beaucoup de mal à me remettre de ces accusations… Nous nous sommes sentis salis, moi et ma famille.
Au moins, il y aura une personne dans le village qui aura la vraie version des évènements.