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jeudi 22 mai 2008

Johann - Le rêve de Bismarck.

La récente découverte d'un texte par le cinéaste belge, Patrick Taliercio, fait beaucoup de bruit dans le landerneau Littéraire. En effet, cet article publié le 25 novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes est signé Jean Baudry, pseudonyme alors du célèbre Arthur Rimbaud.
A cette époque, le jeune artiste a 16 ans et pense faire carrière dans le journalisme. Ce sera un échec. Et si l'on savait que l'auteur de la "fantaisie" en question avait effectivement proposé des textes à cette publication, on ignorait que cet écrit, intitulé "le rêve de Bismarck" fût publié.

Voici le contexte à l'époque;


Septembre 1870. Les armées de Napoléon III sont battues à Sedan et piégées à Metz. Les Prussiens font le siège de Mézières. C’est la guerre civile : la Commune enflamme Paris, et d’autres républicains se soulèvent en province.

Jacoby, ancien révolutionnaire de 1848, fonde le Progrès des Ardennes, journal de gauche, imprimé rue du Château, à Mézières. Jeune idéaliste, Rimbaud envoie des textes à ce journal dont il aime les idées contestataires.

Le 31 décembre 1870, des obus s’abattent sur Mézières. L’imprimerie du Progrès est détruite, emportant dans ses ruines incendiées des stocks entiers de publications. Malgré la reprise courageuse de ses activités - Rimbaud y travailla d’ailleurs, quelques mois plus tard, pour trier les dépêches - Jacoby ne parvint pas à résister au front conservateur qui avait repris les rênes de l’État. Le Progès fut interdit en avril 1871, à la veille presque de la Semaine sanglante.


Concernant le texte;

Rimbaud sentait déjà que la révolte germait à Paris : anti-prusienne mais aussi et surtout républicaine et socialiste. Le vieux chef qui s’assoupit, repu et engraissé, c’est aussi le bourgeois, l’archétype d’un monde à renverser.


Voici le texte en question;


C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu. Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre.

A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées,

— et s'arrête… Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine !

— Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !… Bismarck médite.

Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris. Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage,

— enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile. Paris ! Paris !

— Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert, que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…

Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux ! Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !

— Cachez, cachez ce nez !… Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais

(lignes manquantes)

Voilà ! fallait pas rêvasser !

Jean Baudry


La paternité de ce texte fait pourtant encore débat. Les rumeurs sur le net parlent d'un faux grossier qui aurait pourtant trompé tous les spécialistes du poète. Je pense que nous saurons bientôt discerner le vrai du faux.

Cette histoire rapelle pourtant les secrets perdus les plus fous et c'est certainement pour cela qu'elle déchaîne les passions.

C'est l'occasion pour nous de nous replonger dans les plus belles pages de cet artiste délicieux, aux vers gracieux et délicats.

vendredi 14 mars 2008

Johann - Ce n'est jamais assez pour la chine...

49 ans.... 49 ans de violences, de tortures, de politique d'assimilation, de destruction de temples, d'enlaidissement général du pays, d'emprisonnements, de privations de liberté, des exactions qui n'auront pas suffit pour au silence les Tibetains.

Après la sévère répression de plusieurs manifestations pacifistes en Indes (photo2), la Chine montre à nouveau au monde la face éclatante de sa violence à l'encontre de ce petit pays, qu'elle a annexé en 1950, provoquant ainsi la fuite du Dalaï Lama.

Les moines manifestent donc quotidiennement depuis le début de la semaine, pour marquer le 49ème anniversaire du soulèvement de Lhassa. A 5 mois des JO de Pékin, les tibétains rappellent aux dirigeants chinois leur volonté d’indépendance. Cette fois, même l’agence officielle "Chine Nouvelle" confirme l’existence de troubles dans la capitale tibétaine : ce matin, plusieurs incendies ont été volontairement allumés dans le coeur historique de Lhassa, à proximité du monastère de Jokhang. Ces incendies auraient fait des blessés.

Ces incidents interviennent à la veille d’un important rendez-vous politique à Pékin durant lequel le Parlement devra confirmer un nouveau mandat au président Hu Jintao. Ce dernier était à la tête du Tibet en 1989, lors des précédentes grandes manifestations. Pékin accuse le Dalaï Lama d’être à l’origine de ce mouvement de protestation.

Puisse le monde ouvrir enfin les yeux sur ces énièmes massacres ! Quelle injustice ! Comment pouvons-nous donner des leçons aux tyrans alors que nous n'osons même pas nous positionner face au massacre systématique d'un pays, d'une culture !? Je n'ignore pa que les intérêts financiers et politiques avec la Chine sont immenses mais je pense qu'une marge de manoeuvre doit exister. Si nos diplomates étaient moins couards, nous dénoncerions ce lanscinant génocide.

samedi 1 décembre 2007

Johann - Libérez Ingrid!



Voilà déjà près de 5 ans qu'Ingrid Betancourt est retenue dans la jungle colombienne. Nous en avions déjà parlé sur ce blog.
Depuis trois ans, nous n'avions pas la certitude qu'elle était toujours en vie.
Sa famille a donc recu une lettre de 12 pages ainsi que cette vidéo (ci-dessus) où Ingrid semble abattue et ne parle pas.
Dans sa lettre elle exprime sa solitude et sa fatigue physique. Elle s'adresse beaucoup à sa famille dont elle obtient des nouvelles quasi quotidiennes grâce à une radio.

Il est plus que temps que la France aille sortir Ingrid de cet enfer. Cela n'a que trop duré.
Pas facile avec cet abruti d'Uribe (président colombien).

Surtout ne l'oublions pas!

http://www.ingridbetancourt-idf.com/base/article.php3?id_article=382

mardi 5 juin 2007

Johann - La conclusion?

Lorsque j'étais à l'école, j'ai découvert avec effroi l'histoire de France et du monde, jalonnée de guerres et autres tueries sans nom.
Les nombreuses années de catéchisme nous apprenaient qu'il fallait défendre son prochain, compatir et pardonner.
Puis un jour, on étudia la Shoah. Les professeurs nous dirent alors, avec raison, que ce génocide, tout à fait particulier dans sa froide et technique exécution, marquait un point de non-retour de l'histoire de l'humanité.
Je me suis documenté, j'ai dévoré de nombreux livres sur le système nazi et sur les circonstances qui ont conduit à une telle horreur. J'ai vu l'effroyable grâce à des documentaires et me suis pris d'une soif de connaissance sur le système concentrationnaire.

Plus jamais ça disait-on. On le dit encore... Que s'est-il passé depuis la libération des camps par les alliés en 1945? Et bien l'Europe a fait un travail de mémoire plus ou moins complet et surtout, elle a fait la paix. Plus jamais ça, entre nous en tous cas!

Le Darfour n'est pas très loin.
La corne de l'Afrique est dévastée par une guerre civile mâtinée d'épuration ethnique qui ne cesse de s'étendre aux pays voisins. Depuis 2003, l'on parle d'au moins 200 000 morts par famine, maladie et attaques.
C'est une guerre complexe ou il semble bien difficile d'affirmer qui est le bon, qui est le méchant. La politique, la religion et les ressources naturelles sont mêlées à l'influence nauséabonde de la Chine qui semble tirer les ficelles de ce conflit.
Depuis 4 ans que ce conflit existe, la communauté internationale ne semble pas avoir eu une réponse féroce à cette situation que l'on qualifie parfois de "génocidaire".

Riche d'informations, de photos, de reportages en tout genre, nous pouvons dire que nous sommes assez informé sur ce qui se passe; les viols systématiques, les déplacés, les trafics d'armes et compromissions politiques.
Mais on le savait aussi pour le Rwanda, le Tibet et, bien sûr, pour la guerre en Yougoslavie, à nos portes.
Nous avons, peuples occidentaux, gardé les yeux bien ouverts sur ces guerres. Nous n'ignorons plus rien.

Qu'en déduis-je? Tout simplement que le fond général de l'Homme est de s'en foutre royalement. Moi, mon voisin, mon député, ma belle-soeur, on s'en cogne des génocides.
C'est volontairement provocateur comme formule mais qui peut dire que c'est entièrement faux? Le propre de l'Homme semble être aussi sa capacité à regarder un inconnu crever à ses côtés sans broncher.

Et je rends d'autant plus un hommage vibrant aux femmes et hommes qui s'engagent, qui cherchent à faire bouger les choses au sein d'institutions politiques, civiles ou humanitaires. Ces gens là semblent vraiment être plus bon que nous.

samedi 17 mars 2007

Jacqueline - "Madame Résistance" ! Lucie Aubrac

Lucie Aubrac, figure de la Résistance, s’est éteinte mercredi soir à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Elle était restée une militante inlassable.

Le XXIe siècle, enfanté dans l’incertitude, était aussi le sien. Tout début 2007, elle appelait à « résister à l’ordre établi, au libéralisme et à une classe politique ayant le plus grand intérêt à ce que rien ne change ». Résister c’est réfléchir. Réfléchir c’est penser. Et penser c’est agir. À ceux qui prétendent définir l’« identité nationale » en dressant des barbelés, nous préférerons, toujours, « être avec » Lucie Aubrac, et continuer de parler de bien commun, de justice, d’égalité des droits et de cet imaginaire français dont on rêve qu’il reste universel. Il y a quelques années, elle déclarait : « Aubrac, aujourd’hui, ça sonne Résistance. Au fond, ça a peut-être été bénéfique, pour nous. Ça nous a obligés à nous engager, et dans le bon sens. Car le mot résister doit toujours se conjuguer au présent
« Convaincre les jeunes qu’ils sont capables de résister. » Cette phrase récente de cette grande dame aux cheveux neigeux et au regard droit a surgi en notre mémoire, phrase à la saveur familière frappée du sceau de l’insoumission, une phrase comme une évidence, une injonction, un testament philosophique. Lucie Aubrac s’est éteinte, mercredi soir, à l’Hôpital Suisse de Paris d’Issy-les-Moulineaux. Elle avait quatre-vingt-quatorze ans.
Si le XXe siècle n’avait pas connu le nazisme, Vichy, la Résistance, les lois antisémites et la nécessité vitale, absolue, d’échapper aux persécutions en changeant d’identité, Lucie Aubrac n’aurait jamais existé. Elle serait restée Lucie Bernard jusqu’au 14 décembre 1939, jour de ses noces avec Raymond Samuel, puis, comme ce fut le cas brièvement, elle se serait appelée Lucie Samuel. Monsieur et Madame Samuel. Elle, jeune communiste, fille de vignerons du Mâconnais, née en juin 1912, agrégée d’histoire, réputée sévère mais brillante. Lui, enfant de Vesoul, fils d’une famille juive polonaise, ingénieur des Ponts et Chaussées, licencié en droit à Paris et diplômé d’une université américaine. Seulement, ces époux au nom juif n’étaient pas libres de s’aimer. Et leurs vies se trouvaient menacées.
En plongeant dans la nuit noire de l’Occupation et en entrant dans la Résistance, Lucie et Raymond devinrent Aubrac. Ils le resteront pour jamais. Des héros ? Lucie se fâchait toujours en entendant ce mot. « Les héros, sont d’abord ceux qui sont morts. » Inlassable ferveur d’une certaine idée de la France et de l’engagement, toujours prête à bousculer la posture de l’icône. Car depuis la Libération, on dit « les Aubrac » et rien d’autre, comme si, par la simple évocation de ce nom mythifié par la France, on voulait aussi dire une présence commune et convoquer par ce nom une source inépuisable d’élévation, une urgence aussi, partout où l’homme est blessé. Célébrité ou pas, chez les Aubrac, on n’a jamais transigé avec les principes ni avec les engagements fondamentaux. Cette « règle », cette forme d’idéal humain, ce souci d’une liberté inaliénable, tout cela remonte loin.
Ils s’étaient rencontrés à Strasbourg en 1939, quelques mois avant leur mariage, et dès l’année suivante, à peine Raymond était-il fait prisonnier qu’elle l’aidait, déjà, à s’évader d’une prison de Sarrebourg (Moselle). À l’automne 1940, en zone libre, Lucie rencontra, à Clermont-Ferrand, le journaliste Emmanuel d’Astier de la Vigerie qui organisait un petit groupe clandestin, La dernière colonne, et faisait paraître un journal clandestin. Raymond et Lucie s’installèrent ensuite à Lyon, et, avec une pléiade de jeunes qui refusaient la bête immonde et la croix gammée, ils fondèrent le mouvement Libération-Sud et se lancèrent à corps perdu dans les premières actions de l’ombre. C’est de ces années-là que datent les coups d’éclat qui feront de leur patronyme l’un des symboles de la France debout.
Jusqu’en novembre 1943, Lucie Aubrac enseigne au lycée de jeunes filles Edgard-Quinet de la capitale des Gaules. À cette date, elle reçoit sa révocation en raison de ses engagements trop visibles contre l’occupant. Depuis novembre 1942, elle dirige en effet dans toute la région un corps franc. Rôle essentiel : les évasions. Celle de Raymond en personne fut la plus célèbre. Le 21 juin 1943, à Caluire, Raymond, sous le pseudonyme de François Vallet, est arrêté par les sbires de Klaus Barbie. Avec lui, Jean Moulin, chef du Conseil national de la Résistance (CNR), bientôt massacré, et une dizaine de résistants. Lucie, enceinte, n’a qu’une obsession : revoir Raymond, le sauver d’une mort certaine. Avec un mélange d’inconscience et de courage, elle se jette dans la gueule de la Gestapo pour le faire évader, en échafaudant un judicieux stratagème. Lors d’un audacieux coup de main durant un transfert de prisonniers, avec ingéniosité et sang-froid, les armes à la main, elle réussit à libérer son mari et treize autres résistants. Recherchés activement par la Gestapo, le couple gagne Londres le 8 février 1944, avec leur petit garçon, Jean-Pierre. Lucie accouche quatre jours plus tard d’une fille, Catherine.
A la Libération, Lucie Aubrac rejoignit son mari, nommé commissaire de la République (préfet) à Marseille, puis représenta le Mouvement de libération nationale à l’Assemblée consultative de Paris. Le retour à la vie normale est alors marqué au fer rouge : les affaires du monde leur importent plus que la glorification de ce qu’ils firent. Valeurs aux cœur et aux tripes, intactes, le couple fit corps. A lui le recul, la mise à distance, le sang-froid pour balayer d’un revers de main les défroqués du Kremlin qui l’accusèrent d’avoir été un agent du KGB, et en voulaient pour preuve que Ho Chi Minh avait séjourné un temps dans le pavillon familial des Aubrac. A elle la repartie quand on lui suggérait que son engagement antinazi avait pu être dicté par sa sympathie avec le PCF, eux les compagnons de route : « Être communiste sous l’Occupation, est-ce que ça ne voulait pas dire d’abord qu’on se battait contre Hitler ! » Lui, travailla aussi en Afrique et lutta contre la famine avec la FAO. Elle, féministe « Sans les femmes, disait-elle, la Résistance ne pouvait rien faire », reprit son métier d’enseignante. Et ne cessa plus, dès lors, de militer en faveur de la paix et de livrer, à travers de nombreuses conférences et dans d’innombrables classes, le témoignage de son engagement dans la Résistance. Il faut avoir vu une fois dans sa vie le lien quasi charnel qu’elle nouait avec les élèves, pour comprendre la générosité de la pédagogue et l’éloquence de son humanité, entre passion et patience.
« Madame conscience »
En 1997, le réalisateur Claude Berri porte à l’écran l’histoire du couple quand les cinéphiles, eux, continuent d’aduler l’Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville (1969), dont l’architecture fait directement référence aux propres souvenirs de Lucie. Un malheur n’arrive jamais seul. En avril 1998, après une polémique absolument indigne, les époux obtinrent que l’historien Gérard Chauvy et son éditeur Albin Michel soient condamnés pour « diffamation publique » après la publication d’un torchon, Aubrac, Lyon 1943, qui mettait en doute leur rôle dans la Résistance. Un pic d’émotion vite atténué par le retour à la dignité des faits. Alors, avec un infatigable enthousiasme, drôle ou grave, elle continuait de raconter, de se confesser aussi parfois, de commenter, de s’emporter, d’alerter sur l’état du monde, de s’indigner des inégalités galopantes. Avec les sans-papiers par exemple. Contre la résurgence d’idées glauques et fascisantes. Surtout contre la bêtise. Emmanuel d’Astier de la Vigerie l’avait d’ailleurs surnommée « Madame Conscience ». Et c’est peu dire. En mars 2004, avec plusieurs figures de la Résistance, comme Georges Séguy, Jean-Pierre Vernant, Maurice Kriegel-Valrimont, Germaine Tillion, Georges Guingouin, Lise London, etc., elle avait signé avec son mari un appel aux jeunes générations pour qu’ils réagissent devant la remise en cause du « socle des conquêtes sociales de la Libération ».

dimanche 21 janvier 2007

Jacqueline - Les Sables d'Olonne

Les Sables-d'Olonne (en poitevin-aintongeais" Lés Sablles d’Oloune", est la sous-préfecture du département de la Vendée dans la région des Pays de la Loire. C'est la principale ville de la Côte de Lumière, ville côtière, issue d'une colonie espagnole, station balnéaire, port de pêche, de commerce et de plaisance. La langue régionale utilisée est le poitevin-saintongeais, ou "parlanjhe", issu du bas-latin, et que les gens appellent communément le « patois ».

Jean-David Nau (1630-1669 -photo), plus connu sous le nom de François l'Olonnais - alias Lolonnois, était un pirate boucanier, français. Il a écumé les Caraïbes pendant le 17ème. Il serait originaire des Sables.
Après avoir mis à sac Maracaibo et diverses possessions et navires espagnols, il finit capturé par une tribu indienne et coupé en quartier, fumé sur un boucan et mangé par des indiennes qui pratiquaient le cannibalisme...

Toujours au 17ème siècle, les Sables d'Olonne armaient principalement pour la morue. Dans les années 1960, la pêche à la sardine et au thon a dominé. Aujourd'hui, l'activité est plus diversifiée et les principales espèces débarquées à la criée sont la sole, le bar, les seiches et encornets ainsi que le thon rouge.

Le département a été créé au début de la Révolution française le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province du Poitou(Bas-Poitou) , de l' ile de Noirmoutier, de 16 communes des Marches de Bretagnes, et de l'évêché de Nantes. Son chef-lieu fut d'abord fixé à Fontenay le Comte.
La Vendée est "célèbre"pour les guerres qui portèrent son nom durant la Révolution. Elle vit en effet s'affronter paysans insurgés (les Blancs) et armées révolutionnaires (les Bleus) pendant plusieurs années, en un conflit qui fut la cause de dizaines de milliers de morts et qui marqua durablement l'imaginaire vendéen. Napoléon 1er choisit en 1804 La Roche sur Yon pour y établir le nouveau chef-lieu, auquel il donna son nom.

Vent, sable et solitude... ces images de mer furent prises le 19 janvier 2007, au couchant.

mercredi 1 novembre 2006

Jacqueline -A la Toussaint, le froid revient et met l'hiver en train.


Le 1er novembre fêtait il y a longtemps le début de l'année : c'était la fête de Samain ou "affaiblissement l'été". Fête de passage, Samain marquait la fin de l'été et le départ d'une nouvelle gestation. Elle donnait lieu à des rassemblements, des jeux, des joutes, des cérémonies liturgiques très importantes et des festins où l'ivresse était de rigueur...

Samain, fête des morts ? Pas tout à fait. Plus exactement, communication entre les vivants et les défunts. Durant cette festivité, les tombes étaient ouvertes afin de permettre la communication entre le monde visible et invisible ; les morts faisaient irruption à la surface de la terre et les humains s'engageaient dans le domaine des dieux, des héros et des défunts ! Brou.......

En France, à la fin du 19ème siècle, le jour de la Toussaint mais aussi le lendemain 2 novembre, jour des Morts, les enfants se promenaient en balançant des betteraves évidées ou des pots à fleurs remplis de braises allumées en guise d'encensoirs, en sollicitant des passants "une pièce de deux centimes pour les pauvres âmes"! La fête de la Toussaint fut instituée en France et en Allemagne sur l'ordre de l'empereur Louis le Pieux en 835. L'innovation se fit sur le conseil du pape Grégoire IV dont le voeu était de supprimer un usage ancien ouvertement pratiqué à cette époque. La célébration de la fête de la Toussaint est donc une tentative par l'Eglise, de donner une couleur christique à l'ancien rite celtique, en substituant les Saints aux âmes des morts. La reconnaissance de cette fête des morts, par les autorités ecclésiastiques, eut lieu à la fin du 10ème siècle : Odilon, Abbé du grand monastère bénédictin de Cluny, ordonna que soit célébrée dans tous les monastères une messe solennelle "pour la communauté des vivants et des morts".

La tradition de déposer des fleurs sur les tombes le jour de la Toussaint semble dater du milieu du 19eme siècle.

La photo jointe à ce petit message représente le cimetière de mon village. C'est là que nous reposerons Michel et moi.

mercredi 9 août 2006

Jacqueline - des femmes silencieuses...


C'est au XIIème siècle, grâce aux bons offices du Seigneur de Dinan et de sa Dame, Agnorée de Penthiève, que l'abbaye de Boquen fut construite à Plénée Jugon dans les côtes d'Armor. Ils furent douze moines au départ, puis leur nombre alla croissant durant les deux siècles qui suivirent, jusqu'à former une communauté de cent moines et cent convers, ces derniers étant chargés de l'agriculture et des animaux. Ce lieu de prière continuelle et de solitude fut aussi un lieu de rayonnement pour l'étude, la philosophie et l'exégèse. Hélas, la Réforme dévoya la règle monastique et la Révolution écrasa définitivement l'édifice, dont les pierres servirent tout bonnement aux habitants pour consolider leurs maisons ou rempierrer les chemins...

C'est grâce à l'intervention courageuse d'Alexis Press, né en 1883, qui devint quelques années plus tard Dom Alexis, Prieur de Boquen, que les ruines furent relevées au début du vingtième siècle. La structure architecturale du monastère devint la suivante :
- Le cloître de la maison d'en-haut, lieu de stricte solitude et coeur de l'abbaye. Là sont regroupés des ermitages de solitude où, loin de tout regard, les cirsterciens puis les moniales vécurent et vivent dans la prière et l'adoration. C'est dans son hermitage que la moniale assure aujourd'hui une part du gagne-pain de la communauté,
- Le coenobium ou "petit cloître" ou se déroule la vie de la communauté., qui inclut l'église, le réfectoire, le chapitre et la bibliothèque,
- La maison d'en-bas, qui regroupent quelques ermitages pour les hôtes de passage et ceux qui font une retraite.

Appelées à veiller durant la nuit, les moniales se lèvent avant l'aurore et se rassemblent pour célébrer les matines, les laudes et l'eucharistie.
Toutes les soeurs accomplissent leur travail en solitude, certaines dans l'atelier de leur ermitage, d'autres dans le monastère.
Le samedi, la communauté se réunit au chapitre et le dimanche, un repas communautaire, une longue marche et une rencontre évangélique se déroulent dans un esprit de fraternelle communion. Le lundi est une "journée de désert" vécue en totale solitude. Ce jour-là, seule l'eucharistie réunit la communauté à l'église du monastère.

Quelles sont les étapes proposées à chaque personne désireuse de s'engager sur ce chemin monistique ? La première étape est celle d'une expérience de vie en communauté. La prise d'habit ouvre l'étape du postulat, qui dure deux ans environ, puis un noviciat de deux ans succède au postulat. Après ces étapes, a lieu la première profession. Cinq ans plus tard, ce sera la profession perpétuelle ! Un cycle d'études bibliques, philosophiques, patristiques et théologiques complète la formation monistique dans les premières années de présence au monastère.

J'ai eu l'occasion hier d'interroger une soeur converse sur son engagement : "c'est l'amour de Dieu" qui lui a fait tout quitter. Evidemment, j'ai trouvé cela un peu court mais, par pudeur et respect, je n'ai pas voulu insister. Cette abbaye, nichée dans une forêt magnifique où court un joli ruisseau, est à visiter. C'est un lieu de paix et de recueillement. Quelques heures passées dans un cadre aussi pur et apaisant vous font oublier la turpidude de nos semblables, le fracas des bombes et nos petitesses... Nous sommes revenus chez nous directement, désireux de ne pas troubler notre paix intérieure par les clinquants touristiques. Je n'oublierai jamais l'image de ces femmes à la semelle silencieuse, tour à tour protesternées et debout dans le choeur de l'abbaye, pas plus que leurs voix cristalines... une merveille !

vendredi 9 juin 2006

Jacqueline - Les « Liquidateurs » de Tchernobtyl, oubliés...

Le Comité Bandajevsky se bat pour le DROIT À LA VÉRITÉ, non seulement pour Youri Bandajevsky en tant que scientifique empêché de la chercher et de la dire, mais aussi pour les populations concernées par la catastrophe de Tchernobyl.
Dans une Lettre ouverte envoyée au Président d’Ukraine Youchtchenko, (dont une version réduite est parue dans Le Monde le 17/02/05), nous avons dénoncé le négationnisme, -au sens de déni de la réalité historique- à l’œuvre de la part des organisme internationaux (AIEA,UNSCEAR, OMS) qui diffusent ce bilan dérisoire : 32 morts, 200 irradiés, 2.000 cancers de la thyroïde chez les enfants...
Ce bilan ignore les maladies nouvelles chez les enfants, étudiées par Bandajevsky, la recrudescence des cancers notée par l’Institut d’Okeanov..: (Cf. la rubrique « Sciences » )
Il fait aussi l’impasse sur les maladies précoces et atroces (Cf S. Alexievitch, La Supplication,, Tchernobyl, Chroniques du monde après l’Apocalypse -J’ai lu) ou sur l’invalidité que subissent les « liquidateurs » (600.000 ? 800.000 ? ) qui sont intervenus sur la centrale et alentours, mobilisés par les autorités soviétiques, pour éviter le pire : selon Nesterenko une explosion thermonucléaire qui aurait pu rendre une grande partie de l’Europe inhabitable.

Le Comité entend réunir sur son site les documents en provenance soit des autorités des différents pays de l’ex-Union soviétique, soit des associations de « liquidateurs ou de leurs veuves, permettant de lutter contre ce négationnisme. Afin que ces hommes qui se sont sacrifiés (Cf. Le Sacrifice - documentaire d'E. Andreolii et W. Tchertkoff...) ne soient pas abandonnés comme « victimes » encombrantes mais traités par la communauté comme ils le méritent.


Chiffres en provenance des représentants des autorités :
TAGEBLATT - Luxembourg, 26. 04. 2004 : Commémoration de Tchernobyl, 26 avril 2004 (ambassade de Biélorussie en Belgique) : estimation 25.000 morts :
Ukraine :
Conférence de l’AIEA (8-12 avril 1996) :
Le premier ministre d’Ukraine, Ievguenii Martchouk, indique que parmi les 360.000 liquidateurs ukrainiens, 35.000 étaient déjà invalides. Il ne parle pas des morts.
Fédération de Russie :
Conférence de l’OMS à Kiev, 2001 : S.I. Ivanov, Médecin chef de la Fédération de Russie : "Plus de 200.000 Russes ont été engagés dans les travaux de liquidation...Selon le Registre officiel, 50.000 sont invalides et 15.000 déjà morts

Biélorussie : Nous n’avons pas actuellement de chiffre des participants en 1986-87


Chiffres et documents en provenance des associations :

Fédération de Russie :
Galerie de portraits des 470 liquidateurs moscovites décédés en 1997

Ukraine :

Association des liquidateurs de Khmelnitski


Luttes pour la défense des droits des liquidateurs :

Fédération de Russie :
Une réforme accentue le dénuement des survivants : Libération, du 8 mars 2005:

Certains se battent juridiquement devant le Parlement Européen (AFP 17.03.05).

Ukraine :

Lettre ouverte du "Parti Populaire Tchernobyl de toute l’Ukraine" concernant le versement des pensions et allocations Tchernobyl.

Lettre ouverte du "Parti Populaire Tchernobyl de toute l’Ukraine" au Président demandant le respect de la protection sociale des citoyens victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

Le negationisme

Tchernobyl, 19 ans après. Face à l'obstruction et les mensonges de l'OMS, et l'AIEA qui continuent à maintenir que l'on ne peut imputer à Tchernobyl que 32 morts et 2.000 cas de thyroïde, il est actuellement difficile de savoir si l'on doit compter le nombre réel de morts en dizaines ou centaines de milliers. Le groupe "Info nucléaire" a rassemblé une série d'évaluations provenant de sources différentes que nous reproduisons ici. (Français et Anglais)

Et si on parlait du négationnisme de Tchernobyl? Claude PROUST

« Sortir du nucléaire » organise une semaine en mémoire des victimes de Tchernobyl avec des actions prévues en hommage aux liquidateurs.

mardi 14 février 2006

Johann - Point historique sur le troisième Reich

Nous avons regardé la liste de Schindler hier.

De là, nous en sommes venu à parler très logiquement de la Shoah. Notre interrogation portait sur le problème de la transmission du savoir.

Nous faisions le triste constat que les enfants sont de plus en plus ignares (pour ne parler que des enfants!!!). Les parents se défilent en ne faisant plus ce magnifique acte de transmission de la culture, laissant la place à la télé et à l'école. Je crois que ce n'est pas suffisant. Nous devons veiller à ce que chacun connaisse l'Histoire. Pouvoir y avoir accès ne suffit pas!

En effet, grâce aux médias et à l'informatique, il n'a jamais été si facile de se cultiver. Le résultat est affligeant. Qu'allons nous faire lorsque les derniers survivants de la dernière guerre mourront!? Oublier?

Nous devons parler et dire aux enfants, montrer et expliquer. C'est le sens de la vie.

Ainsi, hier nous étions calmement à boire un orangina lorsque nous cherchions le nom de ceux qui composaient de gouvernement du troisième Reich. Comme il nous en manquait un ou deux, je vous fais partager cette liste,

Pour ne jamais oublier:

Albert Speer, (1905-1981), architecte et ministre de l'armement et responsable de la politique fin 1942

Baldur von Schirach, (1907-1974), chef des jeunesses hitlériennes

Joachim von Ribbentrop, (1893-1946) ministre des affaires étrangères

Erich Raeder, (1876-1960) Commandant en chef de la marine allemande

Ernst Kaltenbrunner, (1903-1946) chef des Services de Sécurité allemands

Alfred Jodl, (1890-1946), général, chef de l'état-major du Haut Commandement des Forces Armées

Heinrich Himmler, (1900-1945), chef de la Gestapo

Rudolf Hess, (1894-1987), bras droit d'Hitler

Hermann Göring, (1893-1946), commandant de la Luftwaffe

Joseph Goebbels, (1897-1945), Chancellier allemand, chef de la propagande nazie

Walther Funk, (1890-1960), était un conseiller personnel d'Adolf Hitler pour les affaires économiques et secrétaire d'état au Ministère de la Propagande

Karl Dönitz, (1891-1980), amiral, maître d'œuvre de la guerre sous-marine allemande

Martin Bormann, (1900-inconnu), administrateur de haut rang du Parti nazi.

(sur la photo et dans l'ordre: Göering, Keitel, Dönitz, Himmler et Hitler)

(Photo 2: Albert Speer)