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lundi 27 octobre 2008

Jacqueline - " Dr Livingstone, I presume ?"





Que reste-t-il aujourd'hui des récits des premiers explorateurs ?


A la fin du 19ème siècle, les explorateurs ne cachaient pas leur but : ouvrir l'Afrique à l'influence européenne, à l'exploitation de ses richesses et obtenir des monopoles pour leur pays. Dans cette course aux influences commerciales, ils cotoyèrent des aventuriers et des diplomates, hommes et femmes, au caractère bien trempé, fascinés par les espaces inexplorés et prêts à risquer leur vie pour passer à la postérité. Ils mettront sur pieds des explorations qui dureront plusieurs mois, voire plusieurs années. L'un d'eux, David Livingstone, missionnaire écossais, partant de la ville du Cap, parcourut toute l'afrique australe, découvrant le lac ngami, le haut zambère, le lac Nyassa et le haut Congo. En 1869, Henry Morton Stanley, correspondant pour le quotitien New York Herald, part à la recherche de l'explorateur dont on est sans nouvelle. Accompagné de 2000 hommes, il le retrouve le 10 janvier 1871.



Stanley, devant un mince et frêle Livingstone, s’inclina, retira son chapeau et prononça les mots devenus célèbres : « Docteur Livingstone, I presume ? », formule toute british lancée au milieu de la jungle, prélude à un entretien au cours duquel le missionnaire rendit compte de six années d’exploration !


Ce sont ces récits, publiés sous le titre « Comment j’ai retrouvé Livingstone", que j’ai eu le plaisir de lire lors de la soirée « Lire en fête », une rencontre organisée par Emmanuelle, à la bibliothèque de Besné, à laquelle ont participé une dizaine de personnes réactives, très intéressées par le sujet.


Nous avons clos l'échange par des proverbes et dictons, lesquels illustrent la sagesse populaire africaine. En voici un, que je soumets un à votre sagacité : « Attends d’abord d’avoir traversé la rivière avant de dire au caïman qu’il a une sale gueule ». Voyez-vous de quoi il s’agit ?

jeudi 22 mai 2008

Johann - Le rêve de Bismarck.

La récente découverte d'un texte par le cinéaste belge, Patrick Taliercio, fait beaucoup de bruit dans le landerneau Littéraire. En effet, cet article publié le 25 novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes est signé Jean Baudry, pseudonyme alors du célèbre Arthur Rimbaud.
A cette époque, le jeune artiste a 16 ans et pense faire carrière dans le journalisme. Ce sera un échec. Et si l'on savait que l'auteur de la "fantaisie" en question avait effectivement proposé des textes à cette publication, on ignorait que cet écrit, intitulé "le rêve de Bismarck" fût publié.

Voici le contexte à l'époque;


Septembre 1870. Les armées de Napoléon III sont battues à Sedan et piégées à Metz. Les Prussiens font le siège de Mézières. C’est la guerre civile : la Commune enflamme Paris, et d’autres républicains se soulèvent en province.

Jacoby, ancien révolutionnaire de 1848, fonde le Progrès des Ardennes, journal de gauche, imprimé rue du Château, à Mézières. Jeune idéaliste, Rimbaud envoie des textes à ce journal dont il aime les idées contestataires.

Le 31 décembre 1870, des obus s’abattent sur Mézières. L’imprimerie du Progrès est détruite, emportant dans ses ruines incendiées des stocks entiers de publications. Malgré la reprise courageuse de ses activités - Rimbaud y travailla d’ailleurs, quelques mois plus tard, pour trier les dépêches - Jacoby ne parvint pas à résister au front conservateur qui avait repris les rênes de l’État. Le Progès fut interdit en avril 1871, à la veille presque de la Semaine sanglante.


Concernant le texte;

Rimbaud sentait déjà que la révolte germait à Paris : anti-prusienne mais aussi et surtout républicaine et socialiste. Le vieux chef qui s’assoupit, repu et engraissé, c’est aussi le bourgeois, l’archétype d’un monde à renverser.


Voici le texte en question;


C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s'échappe un filet bleu. Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l'ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre.

A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées,

— et s'arrête… Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine !

— Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !… Bismarck médite.

Tiens ! un gros point noir semble arrêter l'index frétillant. C'est Paris. Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage,

— enfin, de s'arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile. Paris ! Paris !

— Puis, le bonhomme a tant rêvé l'œil ouvert, que, doucement, la somnolence s'empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s'abat sur le vilain point noir…

Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux ! Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !

— Cachez, cachez ce nez !… Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais

(lignes manquantes)

Voilà ! fallait pas rêvasser !

Jean Baudry


La paternité de ce texte fait pourtant encore débat. Les rumeurs sur le net parlent d'un faux grossier qui aurait pourtant trompé tous les spécialistes du poète. Je pense que nous saurons bientôt discerner le vrai du faux.

Cette histoire rapelle pourtant les secrets perdus les plus fous et c'est certainement pour cela qu'elle déchaîne les passions.

C'est l'occasion pour nous de nous replonger dans les plus belles pages de cet artiste délicieux, aux vers gracieux et délicats.

dimanche 20 avril 2008

Jacqueline - Lu sur le blog de "eireannyvon"

Paris s'éveille....! Ayant travaillé plusieurs années Rue du Faubourg Saint Honoré, ce titre m'a interpellé au printemps des écrivains de Guidel qui se tenait ce 6 avril. Après avoir parlé avec l'auteur, je me suis laissé tenter bien que cela ne me paraissait pas bien être dans mes préférences littéraires. Ne cherchez pas le 115 de cette rue, il n'existe pas, l'auteur l'a inventé de toute pièce (de toute suite pour un hôtel!). Dans une chambre, une femme se réveille péniblement d'une nuit, qui aurait dû être une nuit d'amour, son amant dort. Elle a décidé que ce serait la dernière nuit. Des mois qu'elle y pense et qu'elle s'y prépare. Il est temps de partir maintenant, après il sera peut-être trop tard. Elle regarde Romain dormir, voudrait partir avant son réveil, mais elle se presse lentement, se parle dans le miroir et fait le bilan de cette liaison. Est-elle réellement prête à cette rupture? Que reste-t-il des premiers temps d'une folle passion sexuelle plusieurs années après? Un amant vieillissant que son poste de cadre supérieur dans une grande compagnie d'état contraint à de fréquents déménagements. La narration de la vie des principaux personnages se croisent, le puzzle de plusieurs existences, leurs points de rencontres et aussi leurs points de ruptures se déroulent sous nos yeux .Romain Baratin (cela ne manque pas d'humour!) est décrit par Clémentine comme un homme lâche, blessant sans états d'âme. Profiteur et jouisseur , il n'a aucun remord, comme si tout lui était dû. Misant tout sur sa carrière et les avantages que cela lui procure, il laisse son ménage au second plan de ses aspirations. L'alcool aidant, ses pannes sexuelles se font plus rapprochées. Mais ses apitoiements sur lui-même lui donnent bonne conscience, ses promesses ne durent que le temps que durent les roses. Un être peu sympathique au demeurant, mais, qui malgré cela, collectionne les conquêtes.Clémentine, sa maîtresse, a trouvé dans un moment de solitude profonde ce qu'elle pensait être l'homme qui lui redonnerait goût à la vie et confiance en elle, et aussi une plénitude sexuelle. Mais cet homme jaloux va petit à petit lui faire perdre la mesure, la meurtrissant physiquement et l'humiliant moralement. Aura-t-elle le courage de le quitter? Elle est à la fois attendrissante et agaçante. Mais c'est ainsi!Anne Marie, son épouse, est prévenue par une lettre anonyme, à la Réunion où il vivait de la liaison de son mari avec une journaliste mère de famille. Femme forte, mais elle se réfugiera dans le silence, jouant, elle le reconnaît à l'autruche.Un certain air de ressemblance avec « Chambre 411 » de Simona Vinci, mais en plus prenant. Une belle écriture et des personnages de femmes surtout, très attachants. Mais que de faiblesse et d'inertie chez Clémentine, qui est capable de manifester au sein d'un syndicat, mais accepte cette liaison sans espoir. Un constat social fait aussi le charme de ce roman. La machine à broyer l'homme est en marche, les surcharges de travail, le règne du « marche ou crève ». L'auteur par ce biais rend l'histoire plus actuelle, sortant de l'éternelle histoire d'amour. EDF-GDF en prend pour son grade dans la déshumanisation du travail « Travailler plus pour que certains gagnent plus ». Car de l'amour il y en a, mais il n'est pas réciproque hélas. Une belle découverte, et auteure à suivre donc.Un dernier mot, je trouve que la présentation générale de ce livre est très soignée et très belle.Extraits:- Son corps crispé se redressa comme celui d'un animal blessé.- Sa gorge était desséchée comme un oued.- Il lui était apparu si sincère!- Pour tout ce qui la concernait, elle s'en était remise à Romain.- ...un Casanova de village à la plume figée, un inspirateur de passion qui n'avait su ni aimer, ni se faire aimer.- A vrai dire il en parlait comme un médecin légiste qui tentait de disséquer l'insondable.- Que leur restait-il à partager?- Qui était-elle? Que faisait-elle? Peut lui importait! Il ne voulait pas s'attacher pour la vie.- La convoitise est tellement plus délectable que la possession!-...union intime célébrée dans l'église de Guebwiller, dédiée à Saint Léger....- Cette femme là pouvait-elle devenir sa maîtresse ?- Ainsi commençait à se mentir Romain Baratin.- Mais les amants n'en étaient pas encore là.- Une vie exempte de soucis matériels, sa présence, eh oui tout de même...!- Il avait bien compris, ce Bonaparte de pacotille, que l'argent était un formidable levier pour manoeuvrer les consciences !
Allez consulter le blog de "mon" lecteur "Eireannyvon", Yvon que j'ai croisé lors du salon du "Printemps des livres" à Guidel le 6 avril 2008 . . http://eireann561.canalblog.com/archives/2008/04/18/8870694.html

jeudi 10 janvier 2008

Jacqueline - Une page légitime

Trois livres sortent aujourd’hui sur Cécilia Sarkozy. Mon Dieu !
La littérature est-elle devenue un produit comme les autres, un objet de consommation de plus, un signe de reconnaissance et de distinction, une plus-value de snobisme ou de différence ? Le livre est-il le dernier équipement à la mode des classes aspirant à la légitimation, entre golf, cuisine et opéra ? Qui n'a jamais senti le rapport subtil entre un costume sur mesure et le Goncourt, que l'on peut glisser dans son sac ou dans les rayonnages de sa bibliothèque ? Tout cela ne sent-il pas bon le départ à la campagne et le thé à cinq heures ?

Autrement dit, la littérature est-elle définitivement lessivée, « compressurisée », entièrement abandonnée aux mains des marchands ?


Vous voulez lire un "cousu main" ? Ce sera "Sans ma mère" (liv'Editions), disponible en Loire Atlantique mais aussi sur commande à l'adresse suivante :


vendredi 9 mars 2007

Jacqueline - "Lire en fête"

Mes livres, à commander sur ce blog.
Les gémissements du Calibistrix

En arpentant les derniers mètres qui la séparent de sa mère, Sarahh retourne sa vie comme un gant. Ses souvenirs rageurs affluent et tournent à vide dans un décor sinistre. Confrontée aux silences et à la mauvaise foi de celle qui l’a abandonnée, ses pauvres rêves tombent en lambeaux ; la réalité s’impose, froide et coupante.
Critique littéraire de Ouest France
Ce roman est une marche sacrée au cœur de l’indicible. L’écriture, tranchée au couteau, a l’éclat métallique d’une sanguine.
Mille neuf sang-terre
A ma ferme de la Simnaudais, la vie est rude pour Pierre et Léa mais, à force de travail et d'opiniâtreté, on ne s'en sort pas si mal. Le blé et les enfants poussent. Survient la guerre de 1914, et son cortège d'horreur. Sur le front et à la ferme, tout se détraque....
Commentaire de Presse-Océan
Ce livre est une jolie fresque du monde rural, fort bien documentée et évoquée avec talent.
115, rue Boissy d'Anglas
Romain Barantin est cadre supérieur à Edf-Gdf. A la faveur de ses déplacements professionnels, il chasse, arpente comme un veneur la chair des femmes, qu’il jette quand il en a épuisé tout le suc, ne laissant derrière lui que des ruines. Pour son plus grand malheur, Clémentine va croiser la route de ce libertin dont elle tombera éperdument amoureuse. Dans les bras de sa dernière maîtresse, Romain éprouve une félicité totale, un plaisir puissant, aigu.. Elle, s’abandonne sans condition, se laisse faire et défaire, miaule à volonté, et ça n’est pas son amant qui s’en plaindrait ! Un coup de téléphone, une étreinte furtive, une nuit à Paris, le feu qui flambe dans le cœur de Clémentine se nourrit de petits riens qu’elle sacralise et commémore à l’infini, en attendant son amant.

Plusieurs années s’écoulent avant que Clémentine ne prenne conscience du peu de place qu’elle tient dans le cœur de Romain mais, dans le feu de la volupté, où aurait-elle trouvé le courage de l’analyse ? L’attrait du plaisir a fait son œuvre, son imagination et sa sensibilité complices ont définitivement étouffé en elle la voix du bon sens. Quelle puissance a donc cet homme sur son âme et sa chair ? A plusieurs reprises pourtant, Clémentine se heurte à des mouvements, des silences, qui aiguisent ses soupçons. Ces éclairs de lucidité devraient lui permettre de se ressaisir, de redistribuer les cartes du jeu ! Non point ! Elle s’abîme dans son aveuglement, sa dépendance, un état dont elle sortirait pourtant victorieuse si elle manifestait plus de courage et de résolution pour mettre en œuvre ses fragiles décisions….
Alors, comme on traverse un gué, comme on apprend l’alphabet de son sang, Clémentine se laisse aller, à fond de mémoire, espérant trouver dans quelque partie inexplorée de son être la force de se distancer d’une histoire d’amour qui agonise. Dans ce genre de relations, celui qui part, qui laisse la place, est toujours vainqueur. Quitter Romain ?! Mais quand on a passé plusieurs années recroquevillée dans sa vieille peau à attendre, à espérer, on n’a pas envie de voir à nouveau tomber la pluie ! L’enjeu est trop grand ! Non, elle décide de l’aimer encore, fusse au prix de la feinte. Elle ne lui parlera ni de ce qui les sépare ni du besoin qu’elle ressent de se libérer, ni de son dépit ni de ses rêves. Qui sait si elle ne pourra tirer de sa détresse une autre forme de bonheur…
Ce roman déploie son intrigue dans un climat de subtile analyse féminine où l’auteur manifeste un grand sens de l’observation.
Commentaire de Jean-Luc Russon, écrivain
J'ai commencé la lecture de votre roman, j'y retrouve les qualités d'écriture déjà remarquées dans vos précédents ouvrages, avec en plus des portraits incisifs contemporains qui ne manquent pas de justesse. Un plaisir !

samedi 21 octobre 2006

Jacqueline - Ma rentrée littéraire


Chers amis, lectrices et lecteurs,

Dans les premiers jours de novembre, sortira des presses mon troisième roman :
"115, rue Boissy d'Anglas".
Le quatrième de couverture est difficile à lire sur cette photo, en voici un résumé qui, je l'espère vous mettra en appétit :

Romain Barantin est cadre supérieur à Edf-Gdf. A la faveur de ses déplacements professionnels, il chasse, arpente comme un veneur la chair des femmes, qu’il jette quand il en a épuisé tout le suc, ne laissant derrière lui que des ruines. Pour son plus grand malheur, Clémentine va croiser la route de ce libertin, dont elle tombera éperdument amoureuse.
Dans les bras de sa dernière maîtresse, Romain éprouve une félicité totale, un plaisir puissant, aigu. Elle, s’abandonne sans condition, se laisse faire et défaire, miaule à volonté, et ça n’est pas son amant qui s’en plaindrait !
Un coup de téléphone, une étreinte furtive, une nuit à Paris, le feu qui flambe dans le cœur de Clémentine se nourrit de petits riens qu’elle sacralise et commémore à l’infini, en attendant son amant durant des semaines, des mois...
Alors, comme on traverse un gué, comme on apprend l’alphabet de son sang, Clémentine se laisse aller, à fond de mémoire, espérant trouver dans quelque partie inexplorée de son être la force de se distancer d’une histoire d’amour qui agonise... Ira-t-elle au bout de ses velléités d’indépendance ?

Commentaire de l'éditeur :

Ce roman déploie son intrigue dans un climat de subtile analyse féminine où l’auteur manifeste un grand sens de l’observation.

L'ouvrage est disponible en Loire-Atlantique et sur commande par mail (16 euros, auxquels s'ajouteront les frais de tansport).

samedi 23 septembre 2006

Johann - un petit bout de littérature

J'avais envie de vous faire partager un beau moment de lecture.
Aussi je remercie Amélie Nothomb et son livre le Sabotage amoureux.

"La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, sel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages.

La neige qui amortit tout - les bruits, les chutes, le temps - pour mieux mettre en valeur les choses éternelles et immuables comme le sang, la lumière, les illusions.

La neige, premier papier de l'Histoire, sur lequel furent écrites tant de traces de pas, tant de poursuites sans merci, la neige fut donc le premier du genre littéraire, immense livre à fleur de terre où il n'était question que de pistes de chasse ou de l'itinéraire de son ennemi, sorte d'épopée géographique qui donnait au moindre signe une valeur d'énigme [...]."