dimanche 11 mars 2007

Jacqueline - La disparition des Jarawa

Que de crimes, de guerres, de meurtres, de misères et d'horreurs eût épargné au genre humain celui qui eût crié à ses semblables :"Gardez-vous d'écouter l'imposteur qui affirme que cette parcelle est à lui. Vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne.
Pour Jean-Jacques Rousseau, l'âge d'or fut l'enfance de l'humanité, une époque durant laquelle les hommes et les femmes vivaient conformément aux lois naturelles, à l'état de nature, et dans laquelle les hommes vivaient égaux. L'inégalité ne fit son apparition qu'avec celle de la propriété privée, qui engendra l'inégalité sociale...

Illustration :
Les Jarawa sont des nomades chasseurs-cueilleurs. Ils se déplacent par groupe de 40 à 50 dans les forêts des îles Andaman où ils construisent des huttes temporaires ainsi que des maisons plus spacieuses où ils peuvent cohabiter à plusieurs familles. Ils collectent le miel, les baies et les racines, chassent le cochon et lézard moniteur, pêchent le poisson à la lance.


Avant l'arrivée des Britanniques au 19ème sciècles, les Andaman, ainsi que trois autres tribus, les Sentinele, les Onge et les Grands Andamanais, étaient les seuls habitants des îles Andaman. Les Grands Andamanais ont été décimés par les Britaniques, les Onges et les Sentineles vivent aujourd'hui sur leurs propres îles, refusant tout contact avec le monde extérieur.


Le Gouvernement indien a tenté l'intégration des Jarawa et récemment construit une route qui traverse leur réserve, Andama Trunck, une voie qui expose cette tribu aux maladies, au braconnage, à la violence, aux viols. Bien souvent, les potentats locaux corrompus se serve d'eux comme main-d'oeuvre exploitables et corvéables à merci... Survival International a demandé dans un rapport au gouvernement indien la fermeture de cette route mais les colons y sont farouchement opposés et de puissants intérêts économiques font pression pour la maintenir ouverte. L'avenir des Jarawa pèse pour rien dans la balance... vous l'aurez déduit.

Les Jarawa, qui n'ont aucun droits sur leurs terres, leurs ressources, ou à l'autodétermination, sont considérés par la population indienne comme des "primitifs" des "arriérés" vivant à l'âge de pierre, parce que vivant de la chasse et de la pêche. Cet article est incomplet. Rendez-vous sur
www.survivalfrance.org pour de plus amples renseignements.

vendredi 9 mars 2007

Jacqueline - "Lire en fête"

Mes livres, à commander sur ce blog.
Les gémissements du Calibistrix

En arpentant les derniers mètres qui la séparent de sa mère, Sarahh retourne sa vie comme un gant. Ses souvenirs rageurs affluent et tournent à vide dans un décor sinistre. Confrontée aux silences et à la mauvaise foi de celle qui l’a abandonnée, ses pauvres rêves tombent en lambeaux ; la réalité s’impose, froide et coupante.
Critique littéraire de Ouest France
Ce roman est une marche sacrée au cœur de l’indicible. L’écriture, tranchée au couteau, a l’éclat métallique d’une sanguine.
Mille neuf sang-terre
A ma ferme de la Simnaudais, la vie est rude pour Pierre et Léa mais, à force de travail et d'opiniâtreté, on ne s'en sort pas si mal. Le blé et les enfants poussent. Survient la guerre de 1914, et son cortège d'horreur. Sur le front et à la ferme, tout se détraque....
Commentaire de Presse-Océan
Ce livre est une jolie fresque du monde rural, fort bien documentée et évoquée avec talent.
115, rue Boissy d'Anglas
Romain Barantin est cadre supérieur à Edf-Gdf. A la faveur de ses déplacements professionnels, il chasse, arpente comme un veneur la chair des femmes, qu’il jette quand il en a épuisé tout le suc, ne laissant derrière lui que des ruines. Pour son plus grand malheur, Clémentine va croiser la route de ce libertin dont elle tombera éperdument amoureuse. Dans les bras de sa dernière maîtresse, Romain éprouve une félicité totale, un plaisir puissant, aigu.. Elle, s’abandonne sans condition, se laisse faire et défaire, miaule à volonté, et ça n’est pas son amant qui s’en plaindrait ! Un coup de téléphone, une étreinte furtive, une nuit à Paris, le feu qui flambe dans le cœur de Clémentine se nourrit de petits riens qu’elle sacralise et commémore à l’infini, en attendant son amant.

Plusieurs années s’écoulent avant que Clémentine ne prenne conscience du peu de place qu’elle tient dans le cœur de Romain mais, dans le feu de la volupté, où aurait-elle trouvé le courage de l’analyse ? L’attrait du plaisir a fait son œuvre, son imagination et sa sensibilité complices ont définitivement étouffé en elle la voix du bon sens. Quelle puissance a donc cet homme sur son âme et sa chair ? A plusieurs reprises pourtant, Clémentine se heurte à des mouvements, des silences, qui aiguisent ses soupçons. Ces éclairs de lucidité devraient lui permettre de se ressaisir, de redistribuer les cartes du jeu ! Non point ! Elle s’abîme dans son aveuglement, sa dépendance, un état dont elle sortirait pourtant victorieuse si elle manifestait plus de courage et de résolution pour mettre en œuvre ses fragiles décisions….
Alors, comme on traverse un gué, comme on apprend l’alphabet de son sang, Clémentine se laisse aller, à fond de mémoire, espérant trouver dans quelque partie inexplorée de son être la force de se distancer d’une histoire d’amour qui agonise. Dans ce genre de relations, celui qui part, qui laisse la place, est toujours vainqueur. Quitter Romain ?! Mais quand on a passé plusieurs années recroquevillée dans sa vieille peau à attendre, à espérer, on n’a pas envie de voir à nouveau tomber la pluie ! L’enjeu est trop grand ! Non, elle décide de l’aimer encore, fusse au prix de la feinte. Elle ne lui parlera ni de ce qui les sépare ni du besoin qu’elle ressent de se libérer, ni de son dépit ni de ses rêves. Qui sait si elle ne pourra tirer de sa détresse une autre forme de bonheur…
Ce roman déploie son intrigue dans un climat de subtile analyse féminine où l’auteur manifeste un grand sens de l’observation.
Commentaire de Jean-Luc Russon, écrivain
J'ai commencé la lecture de votre roman, j'y retrouve les qualités d'écriture déjà remarquées dans vos précédents ouvrages, avec en plus des portraits incisifs contemporains qui ne manquent pas de justesse. Un plaisir !

jeudi 8 mars 2007

Jacqueline - Journée de la femme

Schirin Ebadi, prix nobel de la paix (en photo)

Faut-il être un homme pour être une intellectuel le, une chef d'entreprise, une responsable syndicale, etc... ?
En tout cas, il faut beaucoup d’imagination, à ce stade de la campagne électorale, pour se dire qu’en France les intellectuels ne sont pas tous des hommes, et que, parmi les sociologues, philosophes, historiens, juristes, économistes, etc., se trouvent aussi… des femmes. De couvertures de magazines en cartographies des conseillers supposés des candidats publiés dans la presse quotidienne, de plateaux de télévision en tribunes radiophoniques, le paysage hexagonal de la pensée semble s’être brusquement rétréci à la moitié de lui-même, dans l’indifférence générale.
Qu’ils veuillent « changer la gauche » ou qu’ils soient « tentés » par la droite, qu’ils soient des habitués des médias ou des laboratoires de recherche, les « intellectuels français » se déclinent au masculin. Cette évacuation quasi complète de toute figure féminine chez les intellectuels, révèle l’identification de la fonction intellectuelle à l’élite masculine, blanche. Et si d'aventure les intellectuelles sont sollicitées, c’est surtout comme expertes de leur identité de genre ou de couleur, des femmes intellectuelles consultés pour parler de discrimination, d’esclavage ou de colonisation.

Faut-il dont "en avoir"pour mériter l’attention et se voir reconnaître une légitimité à intervenir publiquement ? Pour elles, les thèmes de fond importants doivent faire l'objet de vrais débats sur les perspectives politiques, économiques, sociales, culturelles et intellectuelles de la société française : décoloniser les imaginaires culturels et politiques, politiser la notion de soins, repenser l’intermittence contre la société du risque, refonder l’Europe comme alternative au repli identitaire, s’ouvrir au Sud, créer un tribunal pénal international sur le travail, passer des constats aux actes en matière de droits et de justice, redéfinir les contours d’une démocratie émancipatrice, en finir avec l’intellectuelle, la présentatrice, la démonstratrice (dans les salons de l'automobile) potiche.

Le débat actuel rend saillantes les contradictions internes des discours et représentations invoquées par les candidats à la présidentielle, tout comme d'ailleurs les simplifications destructrices de sens, véhiculés par les médias dominants. Les femmes, comme les hommes, partagent une commune inquiétude face à la binarisation excessive du discours politique et du débat d’idées : la France contre les pays du sud, l’Europe contre la Turquie, la répression contre la prévention, le travail contre l’emploi, le compassionnel contre le sécuritaire, les écolos contre le monde paysan, les patrons contre les employés, les commerçants contre les consommateurs, etc.

Pour finir, je dirais que les femmes ne s’expriment pas au nom d’un supposé « éternel féminin » mais, en tant que femmes, elles font souvent l’expérience d’une mise à l’écart, dans le domaine politique comme dans la sphère professionnelle, une situation que rien ne semble devoir perturber... En définitive, ce qui compte ce n’est pas de savoir qui sont les femmes mais ce qu’elles font et ce qu'elle en disent.
Nous sommes en 2007, beaucoup reste à conquérir, et rien n'est acquis...

dimanche 4 mars 2007

Jacqueline - Pendant que Chirac tape sur le cul des vaches...


Inventé de toutes pièces par la Commission européenne et par l’industrie pour faire accepter les OGM, le concept de « coexistence » entre les cultures génétiquement modifiées, les cultures conventionnelles et les cultures biologiques fait fi des observations de terrain et des avis scientifiques.
. Le gouvernement norvégien est en train de réactiver un ancien projet de construction d’une cave artificielle au sein d’une montagne gelée, dans l’île de Svalbard (à la limite du cercle polaire arctique), afin de sanctuariser la diversité génétique des semences des plantes cultivées. Ce « coffre-fort de la fin du monde » accueillera deux millions de lots de semences de toutes les variétés cultivées et connues. Pour M. Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust, promoteur du projet, « si le pire se réalisait, cela permettrait au monde de reconstruire l’agriculture sur la planète ». Parmi les donateurs, on compte Dupont et Syngenta, deux multinationales de l’agrochimie contrôlant une part importante des brevets sur les biotechnologies et la production de plantes génétiquement modifiées (PGM)... Ces sorciers de la chimie sauraient-ils secrètement que leurs manipulations concourent à la disparition de certaines espèces ?
Si les industriels promoteurs des cultures transgéniques prennent ainsi au sérieux la nécessité de sauvegarder les ressources génétiques des plantes, c’est parce que de nombreux indices attestent la contamination des plantes conventionnelles par des PGM. Le Groupe consultatif de recherche agricole internationale, qui abrite dans ses banques de gènes plus d’un demi-million d’échantillons de semences des principales espèces cultivées, a estimé en 2004 qu’à court terme la probabilité de contamination dans les collections de banques de semences était grande pour le maïs et le colza, moyenne pour le riz et le coton, ce qui demandait une attention immédiate.
Cette contamination met aussi en péril les sources de diversité au sein d’une même espèce : les centres d’origine de domestication, localisés dans certaines parties précises de la planète. Par exemple au Mexique, centre d’origine de la diversité du maïs, une contamination de variétés locales par les variétés transgéniques commerciales états-uniennes a été révélée en 2001 par des chercheurs de l’université de Berkeley, et ce alors même que le pays était à l’époque sous moratoire . En 2005, on a découvert en Transylvanie (Roumanie), centre d’origine de la domestication des Prunus (prunier, cerisier, pêcher), des expérimentations de pruniers transgéniques résistant au virus de la sharka (maladie arboricole) et disséminés en plein champ. La station de Bistrita a en effet accueilli pendant dix ans, et sans autorisation officielle du gouvernement de Bucarest, des dizaines de spécimens de PGM fabriqués par l’unité de Bordeaux de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans le cadre d’un programme soutenu par la Commission européenne.
En Irak, centre d’origine du blé, peu après que l’Autorité provisoire de la coalition eut imposé le décret n° 81 sur l’obligation de reconnaissance des brevets sur les variétés de plantes, un programme de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) a créé cinquante-quatre sites destinés à introduire des semences de blé « améliorées » aux Etats-Unis. Un débouché tout trouvé pour les blés transgéniques de Monsanto bloqués, en 2004, par la filière blé d’exportation états-unienne et par la forte mobilisation de l’industrie italienne.
Depuis leur première mise sur le marché, il y a dix ans, la culture des PGM s’est étendue à 90 millions d’hectares, soit 1,8 % de la surface agricole mondiale. Pour certaines cultures industrielles, comme le soja, les variétés GM tendent à se substituer totalement aux variétés conventionnelles : plus de 90 % aux Etats-Unis et en Argentine. Les contaminations se produisent tout au long de la filière, depuis la banque de gènes jusqu’aux champs (croisements par pollinisation entre parcelles voisines et espèces parentes) et la postrécolte (mélanges de semences pendant les transports, le stockage, les transformations alimentaires). Elles deviennent massives dans certaines régions : soja au Brésil, colza au Canada, maïs dans quelques zones d’Espagne. Elles sont durables lorsqu’elles affectent les sols et les stocks de semences du sélectionneur.
L’Union européenne a mis en place, dès 1990, une réglementation de mise sur le marché d’organismes génétiquement modifiés (OGM), soumise à une procédure d’évaluation du risque au cas par cas, mais sans aucune prise en compte de l’impact sur la grande diversité des systèmes agraires et des écosystèmes. Les fortes contestations populaires et celles des collectivités territoriales avaient abouti, en 1999, à un moratoire sur les autorisations de mise sur le marché, qui ont seulement repris en 2004, après l’adoption d’une nouvelle directive (2001-2018 CE) tenant compte du principe de précaution.
C’est pendant cette période que les principaux pays producteurs de PGM (Etats-Unis, Canada et Argentine) ont introduit une plainte contre l’Union européenne auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais, à la surprise de beaucoup, le rapport intermédiaire du panel d’experts, qui a fait l’objet d’une fuite en février 2006 , ne condamne finalement pas l’Europe. Pour autant, avec cette nouvelle directive, le mécanisme d’autorisation reste essentiellement limité aux aspects sanitaires et environnementaux. De plus, la procédure est extrêmement opaque et contestable : en théorie, c’est le Conseil de l’Union européenne (c’est-à-dire les ministres concernés) qui décide ; mais, faute d’une majorité qualifiée dans un sens ou dans l’autre, l’autorisation revient en pratique à la Commission. Cette dernière s’appuie sur des rapports d’experts, qui analysent les études de dangerosité élaborées par les industriels eux-mêmes, et non par des laboratoires indépendants !
Dans le cas de l’autorisation du maïs Monsanto 863, par exemple, les tests de toxicologie (obligatoires) ont montré que les rats nourris avec cette variété ont développé des anomalies dans leurs organes internes (reins plus petits) et des changements dans leur composition sanguine. Mais, dans son rapport, la multinationale considère que ces anomalies sont « sans signification » : elles seraient dues au hasard et refléteraient des variations normales existant chez les rats. L’autorité allemande de biosécurité, qui a expertisé l’étude, a signalé « une longue liste de différences significatives » entre les lots de rats, et a critiqué la méthodologie utilisée. Le maïs Monsanto 863 reste cependant autorisé !
Comme la procédure d’autorisation de mise sur le marché de nouveaux OGM ne prévoit pas de consultation du Parlement européen, pas plus que du Comité des régions ou du Comité économique et social européen, c’est à travers les collectivités locales et territoriales qui se sont déclarées « hors OGM » que s’organise l’opposition démocratique en Europe. Elle se développe très rapidement : cent soixante-douze régions et plus de quatre mille cinq cents collectivités demandent, dans la charte de Florence, « des dispositions juridiques permettant aux régions d’avoir la capacité de définir leur propre territoire (...) sans OGM, sans que ces décisions soient considérées comme une infraction au principe communautaire de libre circulation des marchandises », et de conditionner la mise sur le marché d’OGM à une exigence d’utilité pour le consommateur et pour la société en général.
Dans sa recommandation du 23 juillet 2003, la Commission européenne demandait aux Etats membres d’organiser la « coexistence » des filières : GM, conventionnelle et biologique. Un règlement (1829-2003) définit les règles d’étiquetage en fonction des seuils tolérés de présence d’OGM. Dans l’étiquetage, la notion de seuil est essentielle : elle oblige à tolérer les traces, et permet aux producteurs de ne pas voir leurs productions trop facilement déclassées par des contaminations. Pour les filières conventionnelles, le seuil est de 0,9 % de chaque ingrédient, à condition que cette présence soit « fortuite ou techniquement inévitable ». Pour l’agriculture biologique, qui n’accepte aucun OGM, le seuil de 0 % serait, comme pour tout autre produit, relevé à 0,9 %.
La Commission accompagne ses recommandations sur la « coexistence » d’un important appui financier aux programmes de recherche... permettant de la légitimer, alors que des études d’opinion montrent que les citoyens européens sont très majoritairement opposés à une alimentation GM Elle vient de produire un rapport qui se veut rassurant : « Il est possible de produire des semences traditionnelles (non GM) en Europe avec une présence accidentelle de matériel génétiquement modifié ne dépassant pas 0,5 %, sans rien changer aux pratiques agricoles en ce qui concerne la betterave sucrière et le coton, ou moyennant de petits changements en ce qui concerne le maïs ».
Des systèmes de contrôle des productions agricoles de plus en plus sophistiqués sont en train d’être mis en place, tel celui existant en Allemagne avec l’élaboration de registres publics de PGM précisant la localisation cadastrale, ce qui permet aux autorités nationales d’organiser l’information du voisinage et d’arbitrer sur les compensations en cas de dommage économique. Par ailleurs, l’Institut de protection de la sécurité du citoyen (IPSC), dépendant du Centre commun de recherche de la Commission européenne, travaille à la numérisation, à l’échelle de l’Union européenne, des parcelles OGM et de leurs alentours pour le contrôle des cultures.
De son côté, après s’être fait réprimander pour son retard par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) et par la Commission, le gouvernement français s’efforce, dans l’urgence, de transposer deux directives en droit national : l’une sur l’utilisation confinée de micro-organismes GM , et l’autre sur la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement. Dans ce dernier projet de loi « relatif aux organismes génétiquement modifiés » dont le Sénat a commencé la discussion le 21 mars, et qui sera ensuite soumis à l’Assemblée nationale selon la procédure d’urgence, l’information du public n’est pas respectée (les études restant confidentielles) ; certains anciens agréments seront remplacés par de simples déclarations ; les collectivités territoriales sont exclues des décisions et les agriculteurs contaminés devront réunir plusieurs conditions contraignantes s’ils veulent être indemnisés. Un comble : c’est le cultivateur de PGM, et non le semencier fabricant, qui devra souscrire à un fonds de garantie. Enfin, toutes les mesures de coexistence seront fixées par décret, donc en l’absence de débat démocratique.
Une réglementation autoritaire
Dans l’Union européenne des 25, presque 60 % des exploitations ont une surface de moins de 5 hectares, ce qui rend irréalistes les mesures de prétendue « coexistence » entre PGM et plantes non génétiquement modifiées. En fait, au nom de la « liberté de choix » et de la « démocratie », les systèmes mis en place à l’initiative de la Commission conduisent inévitablement à une réglementation autoritaire imposant aux agriculteurs le type de culture et les variétés dans l’espace et dans le temps répondant aux intérêts du lobby des semenciers. L’agriculture totalitaire, dénoncée il y a dix ans lors des actions de la Confédération paysanne sur les premières cultures de plantes transgéniques brevetées, devient peu à peu réalité.
Le concept de « coexistence » a été inventé de toutes pièces par la Commission et par l’industrie pour faire accepter les OGM, alors que les contaminations des semences et des cultures sont inéluctables, et augmentent chaque année. Elles affectent toutes les cultures, mais portent un préjudice d’une gravité particulière aux variétés paysannes de conservation, à celles liées à une dénomination d’origine, et aux cultures biologiques et biodynamiques, qu’à terme elles condamnent. Elles ne permettent plus l’exercice du droit d’utiliser des semences sans aucun OGM, aujourd’hui et pour les générations futures, ni du droit du consommateur à acheter des produits sans OGM. De ce point de vue, le titre du colloque que la Commission européenne a organisé à Vienne du 4 au 6 avril 2006 – « Liberté de choix. Coexistence entre les cultures génétiquement modifiées, les cultures conventionnelles et les cultures biologiques » – est d’une flagrante hypocrisie.

Les préjudices causés sont inestimables. A l’origine des contaminations, on trouve tout autant le commerce de semences contaminées que les flux de pollen entre voisins. Pour ces raisons, c’est l’obtenteur et l’importateur de la PGM qui devraient être tenus responsables de toute contamination et devraient supporter la totalité des coûts de la ségrégation des filières, du champ jusqu’à la vente. Des instruments juridiques régionaux conditionnant les cultures de PGM à des études d’impact sur les systèmes agraires et les produits de qualité (biologiques, AOC, etc.) sont des cadres juridiques à rendre obligatoires dans toute procédure d’autorisation de mise sur le marché d’OGM dans l’Union européenne.

Le passage en force des PGM promus par une coalition d’intérêts privés relayés par la Commission et la plupart des gouvernements ne pouvait manquer de susciter des réactions chez nombre de citoyens européens. En témoignent les déclarations de collectivités se déclarant « zones libres d’OGM ». En témoigne également le mouvement dit des Faucheurs volontaires, où chacun prend individuellement ses responsabilités, sans engager celle de l’organisation à laquelle il appartient. Ce mouvement de désobéissance civile, jusqu’où obéir à la Loi, né en 2003 sur le plateau du Larzac, peut aujourd’hui compter, en France, sur plus de cinq mille militantes et militants pour faucher les parcelles d’essais de PGM, et il se développe dans les autres pays européens. Plusieurs jugements ont lourdement condamné financièrement certains « faucheurs », dont José Bové tout récemment, et plusieurs d’entre eux font aujourd’hui l’objet d’une menace de saisie de leurs biens.

Cependant, les choses évoluent : deux jugements, l’un du tribunal correctionnel d’Orléans en décembre 2005, l’autre de celui de Versailles en janvier 2006, viennent de reconnaître la légalité des fauchages, au nom de l’« état de nécessité « en évoquant le principe de précaution inscrit dans la Charte de l’environnement, à valeur constitutionnelle, votée par le Congrès en février 2005. Quand la démocratie représentative est en panne, et quand le sort de la biodiversité se joue dans les semences gelées d’une grotte du pôle Nord, c’est la résistance qui crée du droit.
En ma qualité de citoyenne du monde, je m'oppose à ces essais en plein champs, je l'ai manifesté sur les sites gouvernementaux ! Il y eut le drame du sang contaminé, celui de la « vache folle », les désastres engendrés par l’amiante, les calamités ne se comptent plus… Les hommes de science sont-ils devenus fous ! Contrôler l'homme, la planète et ses richesses... Ivresse du pouvoir ? Appât du gain ? Le veau d’or est toujours debout !

samedi 3 mars 2007

jacqueline - Bon anniversaire Johann !

Bon anniversaire Johann !
Oiseau rieur,
Oiseau de la tendresse, de la première caresse,
Bon anniversaire,
Et merci pour tes rires,
Ta douceur et ta générosité,
Bon anniversaire !
Jamais je n'oublierai la seconde où tu es né, une seconde d'éternité,
Je t'ai regardé,
Et je t'ai aimé. Bon anniversaire Johann !