Voilà deux belles semaines que nous n'écrivons rien sur le blog. Le temps doit paraître long à certains...Il faut avouer que l'actualité ne nous aide pas tellement elle est vide ... : séisme en Chine, ouragan en Birmanie, Michel Fourniret qui s'autorise à parler lors de son procès, les augmentations de salaires indécentes des patrons, la mort de Jeunesse, de Sevran, la détérioration de la planète, côtée en bourse, le gouvernement qui, malgré le vote des députés, fait passer en force la loi sur les OGM... J'en passe... tant et tant...
Cette actualité ne s'arrête jamais et l'on ne peut s'intéresser qu'à 1/100ème voire moins de ce qui se passe dans le monde. Bien sûr, ce n'est pas une raison pour faire l'autruche et boycotter une information que l'on ne maîtrise pas mais il faut avouer que cela donne le tournis.
Rien que sur les questions environnementales, les centaines d'articles relatant la destruction systématique des écosystèmes me donnent la nausée et un sentiment d’impuissance.
Tout cela me donne l'impression d'une fuite en avant.
J'avais un débat assez intéressant l'autre jour à la maison avec des personnes dont l'opinion sur la politique s'arrêtait à "tous pourris, voleurs...". N'étant pas borné à ce point et, même si je sais les dérives de certains de nos dirigeants, je ne peux convenir d'une telle maxime. Tout est politique ! Notre façon de parler, de s'habiller, d'acheter, de jeter, tout cela, c'est de la politique. Car l'implication du citoyen ne se résume pas à glisser un bulletin de vote.
Le malheur veut même que les mêmes, qui bavent au son du "tous pourris", ne votent évidemment pas et pensent que, "l'un ou l'autre et bien, rien y changera" ! ces mêmes qui ne sont pas avares de critiques à l'encontre des différents gouvernements, des maires élus et même (ironie !) à l'égard des non élus !
La vérité est que ces gens là sont des égoïstes. Ils refusent de s'impliquer dans la vie de la nation. Ce sont des parasites qui ne se nourrissent que du choix des autres et dont la seule jauge d'intérêt sur l'actualité est leur confort personnel !
A cette personne, au chômage depuis plus de 6 mois, qui me tenait donc ce discours, j'ai donné le fond de ma pensée, à savoir : qu'en France, chaque jour, des millions d'hommes et de femmes se battent pour des causes qui leur paraissent justes, très souvent avec des moyens dérisoires, mais dans le collectif, et sans baisser les bras.
Enfin, je lui ai dit que pour ma part les nouvelles règles du libéralisme ne m’effrayaient pas . Je gagne bien ma vie, j'ai devant moi une marge de progression importante, et pourtant... pourtant, je vote, je lis, je me tiens informé. J'aime savoir dans quel monde j'évolue.
La "Même" me porte l'estocade en me disant "Oui mais toi Johann, tu as la chance d'avoir une éducation qui te permet d'avoir ces pensées là. Mais les plus pauvres ne voient pas si loin. Et puis tout le monde n'a pas le temps de s'informer..." (Au moins, c'est déjà reconnaître que le 20 heures, n'a pas grande valeur informative !)
Certainement. J'ai en tête l'exemple d'une femme né dans une grande misère sociale, élevée à la dure, en France profonde et qui, dans ce contexte difficile, a su intuitivement que pour s'en sortir, il fallait "savoir". Des centaines de livres, des flots d'amour plus tard, elle repasse son bac à 34 ans, reprend ses études... se bat, sur tous les fronts, une femme qui ne s'est jamais résignée …


