jeudi 19 novembre 2009

Mon métier

Je suis à un carrefour professionnel de ma vie. J'ai trente ans et voilà près de neuf ans que je travaille dans la restauration.

N'ayant pas fait d'études qui me prédestinaient à ce corps de métier, j'ai construit mon CV d'abord modestement, à tâtons.


Très rapidement pourtant, j'ai manifestement développé des aptitudes qui m'ont permis de travailler dans des établissements toujours plus renommés, jusqu'à l'opportunité de mes premiers postes à responsabilité.


La force de mon parcours professionnel tient en ce que j'ai balayé un large univers de la restauration allant de l'hôtellerie au restaurant de luxe, en passant par des cuisines plus... exotiques.


Ce qui me permet de faire le petit bilan qui suit, a l'heure où la TVA en restauration est baissée depuis déjà le début de l'été.



A mon humble avis, les conditions de travail ne cessent de se dégrader dans ce milieu. Depuis un certain nombre d'années, il y a une reprise en main de grands groupes de la restauration (les frères Blanc...) par les financiers. Ces nouveaux investisseurs (terme mal approprié puisqu'ils ne dépensent pas un kopeck à part l'achat) n'ont aucun amour du métier. Ils sont là pour faire de l'argent U-NI-QUE-MENT. Réduction de frais de personnel, de mobilier, de fournitures et qualité de cuisine en baisse, voilà les conséquences du passage de ces essaims, vidant de leur substances d'anciennes Maisons de renom.


Mais cette gangrène se constate aussi dans des groupes qui sont restés familiaux. Les économies d'échelle n'ont jamais été aussi importantes et les salaires aussi bas.


Ces gains sur les coûts se font donc entre autre, naturellement, grâce au vice des payes. Combien de système de rémunération ai-je connu? Trop. Au point, pourcentage, au black, au fixe et j'en passe!...


L'arnaque monumentale étant de dire au garçon qu'il est payé au 15% du chiffre d'affaire. Il est payé SUR les 15%, mais pas A 15% nuance! Car quand le serveur ramène la caisse de sa journée en fin de service à 2000 euros, il ne va pas repartir avec 300 euros, non bien sûr. Il y a les maîtres d'hôtel, les commis, les demis chefs de rangs à payer sur ce tronc commun. Mais la filouterie des patrons consiste à faire passer sur ce même tronc le salaire des hôtesses et le coût du ménage, qui sera fait par les chefs de rang! (Économie d'échelle immense!). Le chef de rang repart avec ses 60 euros la journée pour 9 à 10 heures de travail et merci madame!


Le pourboire, lui, n'étant quasiment plus là...



Moins payer pour un patron, c'est évident. Moins embaucher, c'est encore mieux. Pour continuer à rogner sur les coûts, le but du jeu consiste à donner un nombre de tables toujours plus important au serveur, tout en lui demandant la même qualité de service. Je vous rassure, arrivé un moment, il n'est pas possible d'avoir cette même qualité de service. Mais peu importe, plus c'est gros, plus ça passe (merci Chichi !). L'important étant de ne pas avoir de "rupture de service" et que le client reparte satisfait. (Oh le client, tant qu'il a son assiette à temps!...)


C'est donc dans un contexte où vous ne pouvez pas vous occuper correctement du client que la direction met en place des concours de vente (sur les eaux, les fruits de mer...). Nous sommes dans la déshumanisation la plus complète de la "relation" client.



Depuis la baisse de la TVA, les médias crient au scandale sur la non baisse des prix. C'est un fait! Le café a perdu 10 centimes, la crème brûlée 20 et rien n'a bougé sur le reste, voire cela a augmenté! Il y a-t-il eu des embauches comme promis? Non! Des augmentations de salaire? Oui, comme pour le café, 10 centimes! Des investissements? Mais que dalle!


On nous parle de suppression de la taxe professionnelle. Je suis pour qu'elle ne s'applique pas à la restauration en France qui a des comportements indignes.



Enfin, je sais que ce que je raconte ne se passe pas dans toutes les boites. Il y a, et c'est heureux, des milliers de petits restaurants qui ont encore une âme, où le client n'est pas pris pour un gogo, où l'amour du métier se respire en salle autant qu'en cuisine. Et, rendons justice, il y a "tellement" d'entrepreneurs respectueux avec leur personnel, inventifs et passionnés! Je n'ai malheureusement pas travaillé avec eux, pour le moment...



C'est dommage, ça pourrait être un beau métier. A mon niveau de compétence, j'essaye de faire de mon mieux pour que le plaisir soit partagé autant par les clients que les gens qui travaillent avec moi.

mercredi 23 septembre 2009

Du principe du pourboire

Qu'est donc devenu le pourboire?
Voilà huit ans que je travaille dans la restauration et je constate qu'il y en a de moins en moins.

Ce que je déplore plus encore c'est que les français ne comprennent pas qu'une petite rétribution à un serveur, c'est beaucoup de choses!

D'abord, cela signifie que l'on est satisfait du service, évidemment. Mais on peut ainsi signifier que l'on a passé un bon moment avec le "garçon", qu'il y a eu une attention, un geste particulier.

C'est aussi très valorisant pour le serveur!

En outre, il ne faut pas oublier que cela représente une partie de son salaire!


Le serveur travaille, généralement, assez peu pour le plaisir (!). Ce n'est pas non plus un larbin. Quand il fait des efforts de service, des assauts d'aimabilité, il "travaille" son pourboire aussi. Un client satisfait, qui laisse du pourboire, sera toujours mieux servi. Scandaleux? Non. La qualité de service reste naturellement la même. Ce qui change, ce sont ces fameuses attentions en plus, et c'est justice.


En revanche, et comme je dis souvent, il y a bien pire qu'un client qui ne laisse pas quelques euros sur table. Il y a celui qui laisse des centimes. J'en ai même vu qui laisse des pieces de cuivre. Et là, c'est carrément insultant!


Alors que faire? Que donner? Tout cela est à l'appréciation de chacun. Certains laissent 10%, parfois plus. Cela dépend beaucoup du montant de l'addition. Disons que si l'addition est de 100 euros, laisser 2 euros fait un peu radin, 5 me semblant le minimum. A tout le moins, et c'est chose bête à dire, mais si tous les clients du restaurant ne laissaient ne serait-ce qu'un euro par personne, ce serait formidable!


Enfin, pensez bien que c'est un travail très difficile où l'on fait facilement 50 heures par semaine, debout, à un rythme souvent soutenu avec des horaires décalés, parfois des jours de repos non consécutifs et j'en passe. Mais nous sommes là, avec le sourire pour vous acceuillir.


Alors si le service vous a plu, laissez un petit quelque chose, ça fera vraiment très plaisir!

mardi 23 juin 2009

Jacqueline - Notre tournée estivale 2009


LES BATRACIENS
PRESENTENT : "Crise de mère"

de Martial Coursier

Dimanche 25 juillet 2009 - 18h30
au plan d’eau de Guenrouët
Mise en scène : Jacqueline Biheu-Vimard

Avec : Stéphanie Billy, Romuald Biheu, Lucie Rivau, Julie Cussonneau
Notre "Première" a eu lieu dimanche dernier à Pernel - Dréfféac. Ce fut un succès !

vendredi 15 mai 2009

Jacqueline - Dihan

"Dihan", "pause" en breton. Les quelques heures vécues dans cette yourte furent un temps de respiration.
A quelques minutes de Carnac et de la presqu'île de Quiberon, Myriam et Arno nous ont accueillis à la ferme de Kerganiet, sur Ploëmel.

Plusieurs formules s'offraient à nous pour le couchage : une chambre à la ferme, une cabane dans les arbres, une yourte, posée au milieu d'une immense prairie, elle-même cernée de bois.

C'est pour Nadaam, nom de notre yourte, que nous avons opté. "Nadaam" est le nom donné à une fête traditionnelle mongole, temps fort d'une rencontre qui donne aux habitants l'occasion de s'affronter au tir à l'arc, à la course de chevaux ou à la lutte.

Comme vous le voyez sur ces images, nous avons dormi dans un cadre idyllique ! Surface de la yourte, environ 26 m2 pour une hauteur approximative de 3,50 en son milieu. Les commodités ? Un poële au gaz, des toilettes sèches, un éclairage aux bougies ou une lampe autonome, manuelle.

Au matin, nos hôtes nous ont déposé un panier déjeuner , que nous avons consommé sur la terrasse, au soleil !

Merci à Romuald et Stéphanie, qui nous ont offert ce joli cadeau pour Noël.
Si vous souhaitez, comme nous, vivre quelques heures d'un absolu bonheur, voici les coordonnées du lieu :
contact@dihan-evasion.org
ou 02 97 56 88 27
leur site : http://www.dihan-evasion.org








dimanche 10 mai 2009

Johann - Un bien modeste talent

Voilà mon dernier tableau.
Pour une fois je ne vais pas l'offrir.
Petit à petit, j'améliore ma technique et il y a fort à parier qu'à mes 60 ans, je serai un bon peintre! ^^