Il est grand temps de donner mon opinion sur l'affaire clearstream.Cette affaire de "courant clair" me parait fortement opaque et j'ai réussis à m'en faire une idée un peu plus précise.
Mais soyons clair (hum...), ce qui m'a le plus choqué dans cette affaire n'est pas la face politico-judiciaire dont tout le monde parle. Non! Moi je suis extrêmement choqué de découvrir cette entreprise et ses pratiques. Clearstream, société créee par et pour les banques, brasse des milliards chaque jour dont une bonne partie disparait dans son mécanisme monétaire.
Trafic d'influence, argent sale, marché des armes, c'est une énorme pieuvre que nous découvrons et que cette affaire d'état (si elle reste scandaleuse) ne doit pas masquer.
Je me propose de vous faire un topo pour y voir un peu plus "clear"...
L' affaire Clearstream 1 est une affaire politico-financière mise au jour en 2001 et 2003 par la publication de Révélation$ et La Boîte noire, co-écrits par Denis Robert, journaliste, et Ernest Backes, ancien numéro trois et responsable informatique de Cedel International (devenu Clearstream après sa fusion avec Deutsche Börse Clearing). Backes a dénoncé un système de comptes non-publiés, mis en place dans les années 1970 et généralisé après son départ, et qui, parallèle au système légal de compensation inter-bancaire, pourrait faire de Clearstream une plate-forme mondiale de l'évasion fiscale et du blanchiment d'argent.
L'accusation de Denis Robert et Ernest Backes repose sur quatre points:
Cedel International puis Clearstream auraient un système de comptes non publiés, ce qui a été finalement reconnu par Clearstream lors d'un procès. Mais si Clearstream affirme qu'elle a comme seuls clients des banques, Denis Robert affirme que des entreprises disposent aussi de comptes chez Clearstream, et qu'ils ont servi à faire des transferts de fonds illégaux. Le Monde — qui ne semble avoir aucune sympathie particulière pour la personne de Denis Robert [1] — confirme par ailleurs : "Elle fournit à ses clients, pour l'essentiel des banques", écrit ainsi le quotidien du soir, ajoutant que "Ces précisions ne signifient pas que Clearstream soit à l'abri d'opérations de blanchiment, opérées par des réseaux mafieux ou terroristes. Si plus de 90 % des transactions sont réalisées pour des banques strictement contrôlées, le fait que la société ait aussi pour clients des groupes financiers établis dans des paradis fiscaux, ces centres offshore peu régulés, est une faiblesse. Et ce, même si ces relations sont légales, Clearstream affirmant ne pas commercer avec des banques dont les sièges sociaux se trouvent dans des pays fichés sur la liste noire du GAFI, l'organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment." [2]
Cedel International puis Clearstream détiendraient des comptes de particuliers.
Selon Régis Hampel, un ancien informaticien de Cedel-Clearstream, des données auraient été effacées avant les investigations de la justice luxembourgeoiserie.
La plupart des grands scandales financiers des trente dernières années comme la faillite de la Banque Ambrosiano et l'assassinat de Roberto Calvi, le « banquier de Dieu », la sulfureuse banque Menatep du milliardaire russe Mikhaïl Khodorkovsky, la faillite de la BCCI, le versement de rétrocommissions dans l'affaire des frégates de Taïwan, et même par la Bahrain International Bank, qui n'est autre qu'une des banques des Ben Laden et qui a été accusée de financer Oussama Ben Laden, n'ont pu avoir lieu sans des transferts de fonds illégaux à travers le système Cedel International, puis Clearstream. Ernest Backes affirme aussi dans Révélation$ qu'il était en charge du transfert de 7 millions de dollars de la Chase Manhattan Bank à la Citibank, le 16 janvier 1980, qui a permis de payer la libération des otages américains détenus dans l'ambassade de Téhéran. Il a donné une copie des fichiers à l'Assemblée nationale, éclairant ainsi d'un jour nouveau ce que les Américains appellent la Surprise d'octobre.
En mars 2001, ils ont présenté leurs travaux à l'intergroup "Capital Tax, Fiscal Systems and Globalization intergroup" du Parlement européen ainsi qu'à l'Assemblée nationale (Mission parlementaire de Vincent Peillon et Arnaud Montebourg).
Dans les suites de cette enquête, Denis Robert diffusera trois listings en sa possession: celui de 1995 (4500 comptes), celui d'avril 2000 (16322 comptes) et celui d'octobre 2001 (33 400 comptes) (Paris Match du 4 mai 2006). Ce sont ces listings, par la suite truqués, qui ont servi de base à la tentative d'intoxication des services de renseignement français et du juge Van Ruymbeke dans l'affaire Clearstream 2.
Je ne saurai que trop vous conseiller d'en lire un peu plus sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Clearstream_1 qui offre de nombreux liens vers différents journaux traitant de l'affaire.
N'oubliez pas d'en parler autours de vous pour que ce genre de pratique soit sanctionner par l'opinion publique! (on peut rêver!)
1 commentaire:
Où as-tu pris toutes ces révélations Johann ? Mais, je suis d'accord avec toi : le tapage relatif à l'implication de quelques personnages politiques est risible ! Il s'agit bien d'une escroquerie à échelle planétaire ! Et les médias font preuve d'un silence assourdissant... Pendant que des millions de femmes, d'hommes et d'enfants s'échinent dans les usines, sur les chantiers ou dans les bas-fonds des ateliers clandestins, les délinquants en cols blancs se rengorgent, ont pignon sur rues, font les beaux et donnent des ordres et des leçons de morale à toute la planète.
Comment agir ? La noirceur de ce tableau m'aveugle....
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