jeudi 10 août 2006

Johann - Tic tac, Tic tac....

A la lumière pâle du matin, j'ai vu sur ton visage un sillon nouveau.
Pourtant, rien ne s'est passé cette nuit...? C'est la lune qui te regardait, comme à son infinie habitude, à l'heure où tes sens s'abandonnent. Elle te blesse chaque jour un peu plus, sous sa face lumineuse et inoffensive. Effroyables stigmates, pernicieuse torture quotidienne qui se répand au fil des ans, des jours, des secondes...
Après t'avoir aidé à naître, la ronde capsule t'accompagne au trépas doucement, inexorablement. Fi! De tes dépenses prétentieuses pour t'en prémunir, la lune t'a pris la main et ne la relâchera jamais. Elle t'accompagne sur le chemin comme une amie, à la mort à la vie.
La terre étant peuplée de ses filles à cadran, tu ne pouvais pourtant pas ignorer ton heure qui tourne, comme un tourbillon, avec une angoissante rapidité.
Il est trop tard pour tout ce que tu n'a pas vécu, mais fais-en un maximum pour que ta vie reste une délicieuse gourmandise.
Les douze coups auront tôt fait de te rappeler l'échéance. Vis! Il y a (encore) tant de belles choses à voir et tant de succulentes divagations de l'esprit dont nous pourrons disserter!
La lune, elle, sera toujours là...

1 commentaire:

Jacqueline et Johann a dit…

Jolie prose ! Est-ce ta provisoire solitude qui te rend mélancolique ? La vie imprime sur notre peau nos peurs et nos chagrins, nos enthousiasmes et nos rires ! Vivre, oui, à plein régime, vivre pour soi, pour celui ou celle que l'on aime, vivre pour dire à la lune qu'elle peut bien tourner, et tourner encore...