mardi 17 juillet 2007

jacqueline - Un béret vert !


Il faisait un temps de chien sur Nantes hier... J'ai pensé me distraire d'une mauvaise nouvelle en gourmandant vitrines et étalages...
Après avoir chevauché mon coursier Mazda, j'arrivais à Nantes, bien décidée à fouiner dans tout ce qui s'apparentait à des soldes, sans trop savoir d'ailleurs ce que j'allais chercher.
D'un magasin l'autre, je recevais des hallebardes, pataugeait dans les caniveaux quand, sur le point de rebrousser chemin , au mi-temps de la rue Boileau, j'entends :
- "S'il vous plaît Madame, auriez-vous une pièce....".
J'aurais pu passer mon chemin après avoir discrètement glissé un euro dans la main de cet homme, mais non. Je me suis retournée et lui ai dit :
- Vous êtes Inouï !
- Inouï ?, m'a-t-il répondu avec un sourire en coin...
-Oui, inouï.... Je ne comprends pas, un homme comme vous....
Il m'a observée, d'un air condescendant. Evidemment, je ne pouvais comprendre... C'était un bel homme, d'une beauté d'infante, grand, svelte, les épaules un peu rentrées, de beaux yeux myosotis, une chevelure foisonnante, poivre et sel, belle allure, du chien même, matois sans nulle doute mais brillant, le regard un peu métallique.
J'ai insisté, nous sommes restés deux heures à converser, une heure sur le trottoir, une autre autour d'une table de bistrot rue de la Fosse.
Angelo, fils d'un réfugié scicilien, s'était engagé à 16 ans dans les commandos de marines, un Béret Vert : Vietnam, Tchad, Djibouti, et d'autres terrains de conflits furent son quotidien durant douze années, scènes de vie, et de mort, d'un soldat pas si ordinaire que cela.
Au bout de douze ans donc, Angelo a quitté l'armé, et sa femme, qui s'était égayée sans lui, nous pouvons le comprendre....
Successivement garçon de café, peintre, livreur pour "les trois quartiers" à la Madeleine (là il me raconte ses rencontres avec les "plus grands" dont la célèvre Marie Marquet, femme de théâtre et gouailleuse dans le privé), notre homme s'est essayé à tous les métiers dans ce Paris tentateur et nébuleux.
Quelques mois passèrent, ou quelque années, je n'ai pas bien saisi le fil de son histoire, las sans doute de vivoter, Angelo s'est attaqué à la Banque de France. Condamné par la Cour d'Assise à 12 ans de prison, il a passé huit ans à la Santé. Il avait démérité, l'Armée a refusé de lui verser sa pension.
Sa peine purgée, l'ancien Béret Vert et taulard, a opportunément trouvé un appartement à Nantes et vécut des salaires gagnés en prison. Aujourd'hui, son bas de laine percé, il vit du RMI, en attendant que l'armée veuille bien lui servir la pension qu'il a méritée....
J'ai passé deux heures délicieuses en compagnie de cet inconnu. Au moment de nous quitter, il m'a donné son adresse :
- En fait, Angelo n'est pas mon prénom, j'ai pris l'identité d'un copain tombé là-bas...
Il ne m'a pas précisé où... Angelo n'est pas Angelo. C'est un Arménien. L'histoire qu'il m'a déroulée n'est peut-êre pas tout à fait vraie, qu'importe ! Je vais le mettre dans mon quatrième roman... Un personnage comme lui ne s'oublie pas !

4 commentaires:

Anonyme a dit…

c'est une histoire bien intéressante! vivement le 4!!!

Anonyme a dit…

Jacqueline, je suis en fin de trois (sur les plages de mon coin, accompagné de femmes magnifiquement torrides) et t'en donnerais mes impressions. En revanche, Angelo me semble une personne qui extrapole ses idées, ça à un nom, proche de l'hystérie, dont je ne me souviens plus du terme exact à cette heure tardive.
Comme je te l'ai déjà écrit, n'hésites pas à te servir de mon histoire, tout en sachant qu'elle évolue de jour en jour, dans des proportions inimaginables. Ah la vie du chômeur est plus dure que celle de l'employé. Surtout avec l'autre nain, qui ne comprend rien, à part sa satisfaction personnelle d'être au pouvoir... Cordialement.
Jean-Guy.

Anonyme a dit…

Jacqueline, je suis en fin de trois (sur les plages de mon coin, accompagné de femmes magnifiquement torrides) et t'en donnerais mes impressions. Pas des femmes, deton roman, s'entend. :)
En revanche, Angelo me semble une personne qui extrapole ses idées, ça à un nom, proche de l'hystérie, dont je ne me souviens plus du terme exact à cette heure tardive.
Comme je te l'ai déjà écrit, n'hésites pas à te servir de mon histoire, tout en sachant qu'elle évolue de jour en jour, dans des proportions inimaginables. Ah la vie du chômeur est plus dure que celle de l'employé. Surtout avec l'autre nain, qui ne comprend rien, à part sa satisfaction personnelle d'être au pouvoir... Cordialement.
Jean-Guy.

Anonyme a dit…

Des fois, l'informatique m'appert comme absconse. Désolé. ;)