lundi 3 septembre 2007

Johann - Les pirouettes d'un séïde

Nous apprenons aujourd'hui l'accord de fusion entre GDF et Suez, créant ainsi un des "géants" de l'industrie. Il aura donc fallu dix-huit mois pour que cela se fasse.
Non pas biensûr que j'y étais favorable; j'étais plutôt pour le rapprochement de GDF avec EDF, comme c'était le cas avant. Mais je pense que cette option ne coïncidait pas avec des théories libérales de notre gouvernement.

Ainsi hier je découvre avec la même gourmandise hebdomadaire (Si,si! vous allez voir, c'est justifié!) l'éditorial de l'ineffable Jacques Espérandieu dans le Journal du Dimanche qui était consacrée à notre sujet.
Cher Jacques! Je comprends que vous ayez une haute opinion de votre maître (assez pour lui avoir fait belle place à maintes reprises dans votre canard) mais ne pensez-vous pas que cela risque de se voir un peu trop un jour ou l'autre?
J'explique pour les autres;
Voilà ce qu'a écrit Jacquot de sa belle plume, parlant de la fusion et de maître Nicolas:

"Il n'y tenait visiblement pas, c'est lui qui est sur le point de la réaliser (sic!): la fusion Suez-Gaz de France n'est sans doute pas le dossier le plus chaud de la rentrée économique et sociale. Mais il est le plus significatif du pragmatisme, de la capacité d'adaptation du président de la République."

C'est tellement énorme dans un journal de cette stature qui, c'est vrai, n'a jamais renié ses opinions droitières, que s'en est presque insolent pour ceux qui ne partage pas la ligne éditoriale!
Et de continuer;

"tant pis alors si la fusion oblige à privatiser Gaz de France et donc à renier la parole de l'état qui s'était engagé en 2004, par la voix de son ministre des finances de l'époque (Nicolas Sarkozy, cqfd) à na pas descendre sous les 70% de participation dans l'entreprise gazière.
[...]
L'occasion rêvée pour le président d'imprimer sa marque. De renoncer au shéma initial, qui lui déplaisait tant, et de tenter d'en imposer un autre."

Espérandieu expliquerait-il que le renoncement à sa propre parole de Sarkozy deviendrai un fait de gloire, représentatif du label présidentiel? Aïe! Quel sens aiguë des valeurs!
Je ne suis pas certain que notre plumitif aurait-eu la même condescendance à l'égard d'un autre, ou peut-être l'habitude des écrits commandés l'a-t-il affublé d'une cécité à l'égard des renonciations et autres pirouettes des "grands du pays"?
Les médias passent leur temps à dénoncer les procès en collusions et en compromissions avec les intérêts économiques et les politiques; A tout le moins, en considérant - vertueusement - que cet éditorial n'est que l'expression d'un seul homme riche de ses choix et pensées, on ne peut s'empêcher de se poser bien des questions....

(Photo; Jacques Espérandieu)

1 commentaire:

Jacqueline et Johann a dit…

30 ans ! J'ai travaillé 30 ans à Edf-Gdf...
Lorsque s'est conclue, entre Grippeminauds, la fusion Suez/Gdf, je n'ai pas décolèré.
J'ai adressé des mails de protestation aux ministres, aux partenaires sociaux, à ma section syndicale, à la fédération de l'énergie.
Aux deux derniers, j'ai demandé où étaient passé les agents des deux entreprises, s'ils avaient perdu la voix, s'ils avaient attrapé des ampoules aux pieds durant leurs vacances ?...
Pas étonnant que la jeunesse ne veuille pas se syndicaliser... le fataliste et l'égoïsme prévalent, c'est foutu... Et puis, l'abrutissement et l'asservissement des dernières générations fut savamment orchestrée : comment un ménage de quatre personnes peut-il faire grève quand il s'est endetté pour trente ans, qu'il doit faire face à un échancier aliénant ? Les possédants vont leur faire mordre la poussière... leur appuyer sur la nuque, les..... Restons polie !

Les générations d'après guerre n'étaient pas plus riches que nous, loin s'en faut, mais elles jouaient collectif... avaient le souci de la péréquation, du partage, des générations futures. Nous pouvons leur dire "merci". Sans elles, nous n'aurions ni sécurité sociale, travaillerions encore 60 heures par semaine...

Alors, la fusion de Suez/Gdf n'est qu'un début pour mon entreprise. Quand les agents se verront retirer leurs avantages sur la fourniture de l'énergie, j'en suis persuadée, ils protesteront... Il sera tard, bien trop tard... Pitoyable... Rideau !