Voilà déjà près de trois ans que nous subissons la politique de Nicolas Sarkozy. J’ai peine à imaginer qu’il reste tant de jours avant la fin de son mandat, comme autant d’épreuves quotidiennes à vous dégoûter de tout.J’avais benoîtement imaginé, après son élection, résigné que j’étais, qu’il pu être un bon président pour la France. Depuis, plus que de la déception, j’exprime une profonde lassitude et une réelle crainte quand à la politique menée dans notre pays.
Lassitude d’un homme qui connait trop bien la sphère des dirigeants : Il connait toutes les techniques pour endormir le peuple, qui ne demande que ça. Parler, taper du poing sur la table, se poser ses propres questions et y répondre soi-même, réagir en permanence à chaud, dans l’émotion, se montrer, se mettre en scène, ne jamais laisser place à la contradiction ni à la critique, voilà les quelques techniques usées jusqu’à la corde dont le soi-disant homme du renouveau fait ses agapes. On dirait une sorte de bande-dessinée consacrée uniquement au Général Tapioca, gesticulant sa dictature devant des caméras aux pellicules pleines de vide sensationnel.
Car l’homme du geste et de l’action est, de fait, l’homme du vent. Etre capable de se faire élire sur un programme sécuritaire après tant d’années au ministère de l’intérieur aux résultats peu probants, c’était déjà une gageure. Se prétendre l’homme du mérite dans une république des copains qui n’a jamais si bien fonctionnée, plaçant amis de confiance aux postes clefs (EDF, France Télévision, Pôle Emploi, SNCF, magistrature etc…) allant jusqu’à faire de la primogéniture une nouvelle doctrine républicaine (affaire EPAD avec Jean Sarkozy, le fils de Roselyne Bachelot nommé à l’INPES…) !
Travailler plus pour gagner plus ? Pour un homme qui, entre autre premières mesures, prit celle de s’augmenter de 170%, la maxime ne manque pas de saveur ! A l’heure des accords intra-entreprise sur les réductions de salaire pour garder son poste, après les fausses promesses de Gandrange (je passe les autres !...), le gel du salaire des fonctionnaires, et la négociation unilatérale de l’allongement de la durée de cotisation retraite, certains slogans résonnent douloureusement à l’oreille d’anciens électeurs de droite !
Que l’on se rassure, si de nombreux reculs sociaux ont été enregistrés, certaines choses, elles, ne changent pas. Notamment la collusion révoltante des strates politiques avec les secteurs financiers, industriels. La république des copains, mise une nouvelle fois en évidence « grâce » à l’affaire Woerth, transpire, sue, dégouline par tous les pores d’une droite dite « décomplexée ». Les niches fiscales sont toujours là. Ce n’est malheureusement pas le cas des autoroutes, bradées aux lobbys privés. Ni le cas de terrains ou d’appartements d’état vendu au moins offrant.
Rien n’est épargné aux bon peuple de France : les trajets dispendieux en jet privés, les 12000 euros de cigares sur le compte des citoyens, les scandaleuses dépenses en réceptions, en sondages, les cumuls de mandats, des retraites odieusement favorables, les faux rapports, les commissions bidons, les appartements de fonctions vides, occupés par des tiers ou attribués sans raison… De son nouvel avion à 120 millions d’euros, la présidence se rassurera de survoler la crise !
Que de renoncements en trois ans ! Les exemples de promesses de campagne non-tenues sont tellement légions que ça en donne le tournis : Le travail du dimanche, les sans-abris, l’état des prisons, le pouvoir d’achat, l’environnement et son Grenelle en forme de coquille vidée de toute substance, croissance, chômage, le « plan Marshall » des banlieues…
Le candidat Sarkozy déclarait « La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit ». Où en est-on aujourd’hui ? Le déficit du budget de l’état français a atteint 145 milliards d’euros en janvier, contre 63 milliards un an plus tôt ! Les comptes de la sécurité sociale et des retraites ne cessent de plonger… La droite en bonne gestionnaire !
Enfin s’il y a une faillite éthique et financière, l’entaille de la médiocrité n’aura pas épargné le social et l’humain : En faisant de l’immigré un bouc émissaire, la présidence brise la fraternité et la tradition d’accueil historique de la France. Cela aura commencé avec le débat nauséabond sur l’identité française qui a ouvert une terrifiante boite de Pandore. Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça pose problème… Le « karcher » n’est pas encore passé en banlieue que voilà les Roms et gens du voyage stigmatisés : Des « déclarations de guerre » au crime, reconduites à la frontière, soustraction de la nationalité française, suppression des allocations, contrôles fiscaux… Le conseil constitutionnel ne fait pas peur au président : l’important n’étant pas de faire, mais de dire.
Quelle odeur ! Quel tournis médiatique ! Quel écœurement global de la politique nous donne ce triste sire ! Hier je fustigeais ceux qui ne votaient pas. En me remémorant ces trois années, le reproche se fait plus discret et compréhensif. Mais le pire c’est que le peuple est tout-à-fait capable de revoter pour lui. Vous aussi ? Peut-être aurez-vous alors raison : Quitte à ce que ce soit gâché, autant que ce le soit complètement !
Aux autres : résistance intellectuelle, courage, luttes. Une autre politique est possible !
1 commentaire:
Résistons ! Engageons-nous ! Le fatalisme n'est plus de mise devant une telle déliquescence.
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