Fait totalement inédit : le directeur de l’INSEE, Jean-Michel Charpin, a décidé de repousser sine die la publication des chiffres officiels du chômage et impose à ses collaborateurs un black-out sur des résultats, pourtant disponibles. Le débat présidentiel se trouve ainsi privé d’un bilan essentiel. Le chômage a-t-il réellement baissé en France comme presque partout ailleurs en Europe ? On peut désormais en douter.Le chiffre de l’enquête de l’INSEE pose problème à Jean-Michel Charpin parce qu’il est sans doute très supérieur à l’estimation de 8,6% produite à partir des fichiers de demandeurs d’emploi de l’ANPE. Cette divergence n’a pourtant rien de surprenant. L’évolution du nombre de chômeurs inscrits à l’ANPE reflète tout autant la politique imposée par le directeur de l’ANPE vis-à-vis des demandeurs d’emploi que l’évolution réelle du chômage.
C’est bien la raison pour laquelle, chaque année, les estimations de l’Agence sont corrigées à la lumière des résultats de l’enquête Emploi de l’INSEE (300 000 observations annuelles), la seule capable de produire une mesure du chômage répondant aux critères du Bureau International du Travail.
Pour expliquer sa décision, le directeur de l’INSEE a prétexté un problème de qualité de l’enquête Emploi. Cet argument ne tient pas. L’enquête Emploi est l’un des fleurons de la statistique publique, un outil de compréhension public du social auquel ont contribué depuis des décennies les meilleurs spécialistes français.
La manipulation va donc bon train ! Peu de personnes de mon entourage seront surprises par ce fait. Il est, hélas, dramatiquement représentatif des manipulations politiciennes de ces dernières années. C'est aussi l'expression de la méthode UMP qui n'a même plus peur de bloquer les enquête officielles pour afficher des chiffres odieusement falsifiés. Ca n'empêche pas les "vrais gens" d'aller voter pour Sarkozy... Donc tout va bien ! C'est la prime à celui qui dit ce que les Français veulent entendre.... Même si c'est faux!

