Nous apprenons aujourd'hui l'accord de fusion entre GDF et Suez, créant ainsi un des "géants" de l'industrie. Il aura donc fallu dix-huit mois pour que cela se fasse.Non pas biensûr que j'y étais favorable; j'étais plutôt pour le rapprochement de GDF avec EDF, comme c'était le cas avant. Mais je pense que cette option ne coïncidait pas avec des théories libérales de notre gouvernement.
Ainsi hier je découvre avec la même gourmandise hebdomadaire (Si,si! vous allez voir, c'est justifié!) l'éditorial de l'ineffable Jacques Espérandieu dans le Journal du Dimanche qui était consacrée à notre sujet.
Cher Jacques! Je comprends que vous ayez une haute opinion de votre maître (assez pour lui avoir fait belle place à maintes reprises dans votre canard) mais ne pensez-vous pas que cela risque de se voir un peu trop un jour ou l'autre?
J'explique pour les autres;
Voilà ce qu'a écrit Jacquot de sa belle plume, parlant de la fusion et de maître Nicolas:
"Il n'y tenait visiblement pas, c'est lui qui est sur le point de la réaliser (sic!): la fusion Suez-Gaz de France n'est sans doute pas le dossier le plus chaud de la rentrée économique et sociale. Mais il est le plus significatif du pragmatisme, de la capacité d'adaptation du président de la République."
C'est tellement énorme dans un journal de cette stature qui, c'est vrai, n'a jamais renié ses opinions droitières, que s'en est presque insolent pour ceux qui ne partage pas la ligne éditoriale!
Et de continuer;
"tant pis alors si la fusion oblige à privatiser Gaz de France et donc à renier la parole de l'état qui s'était engagé en 2004, par la voix de son ministre des finances de l'époque (Nicolas Sarkozy, cqfd) à na pas descendre sous les 70% de participation dans l'entreprise gazière.
[...]
L'occasion rêvée pour le président d'imprimer sa marque. De renoncer au shéma initial, qui lui déplaisait tant, et de tenter d'en imposer un autre."
Espérandieu expliquerait-il que le renoncement à sa propre parole de Sarkozy deviendrai un fait de gloire, représentatif du label présidentiel? Aïe! Quel sens aiguë des valeurs!
Je ne suis pas certain que notre plumitif aurait-eu la même condescendance à l'égard d'un autre, ou peut-être l'habitude des écrits commandés l'a-t-il affublé d'une cécité à l'égard des renonciations et autres pirouettes des "grands du pays"?
Les médias passent leur temps à dénoncer les procès en collusions et en compromissions avec les intérêts économiques et les politiques; A tout le moins, en considérant - vertueusement - que cet éditorial n'est que l'expression d'un seul homme riche de ses choix et pensées, on ne peut s'empêcher de se poser bien des questions....
(Photo; Jacques Espérandieu)

