vendredi 16 juin 2006

Johann - Lettre à Maël

Maël,

Il est minuit trente quatre ce vendredi 16 et j’ai appris depuis une demi-heure ta naissance.
Je tenais à te faire part du récit de cette journée (soit le jeudi 15) telle que je l’ai vécue, histoire de laisser une trace, un marque-page que tu pourras reprendre à loisir toute ta vie.

Le téléphone a sonné ce matin tôt… Trop tôt à mon goût. J’étais terrassé de fatigue car en rentrant du Congrès Maillot (mon nouveau travail), vers minuit, j’ai commencé à boire quelques verres, ce qui m’arrive parfois pour me détendre. Seulement là, j’ai traîné plus que de raison jusqu’à 4 heures du matin sur l’ordinateur, passant mon temps à parler avec les membres du site Internet Skipass.
Après le départ de Bruno, vers 8h30, je suis resté "comater" au lit jusqu’à ce fameux coup de fil à 9h22. C’était ton père. Il me demande comment va Bruno (suite à une agression dont il a été l'objet quelques jours plus tôt) ; après l’avoir rassuré, je lui demande d’un ton bourru l’objet de son appel si matinal. Il me répond :
- A ton avis ?
Il m’informe alors que ta mère est déjà à l’hôpital de Saint-Nazaire car elle a des contractions significatives. Tu vas naître dans très peu de temps me dit-il…
Il me demande solennellement si je désire être ton parrain, ce que j’accepte avec une joie profonde mais encore ensommeillée. "Je t’appellerai cette après midi" dis-je à mon frère, afin de me tenir au courant.
Je me rendords, jusqu’à ce que mon réveil résonne à nouveau, impitoyablement, Il est 10h30. Trop fatigué ! Un quart d’heure de rabe, quinze minutes pour me préparer. Je suis tellement fatigué !
Fatigué mais excité quand même à l’idée de ta naissance, je tente de téléphoner à ton père, en vain. Commence alors une succession de coups de fils, vains, pour savoir où en est ta sortie.
Midi, travail, service, fatigue.
Trois heures, Michel, mon père et ton grand-père n’a toujours pas de nouvelle. Arrivée dans mon quartier dans le 12ème, je passe chez le coiffeur (chez Michel) avant de rentrer.
Deux petites heures chez moi. J’écoute un message d’un conseiller de la poste de la Madeleine qui me propose un rendez-vous pour parler de mes projets. Des projets ? Bien sûr que j’en ai ! Et j’espère bien qu’ils seront réalisés quand tu liras ce texte ! Un projet pour moi, un projet aussi pour toi peut-être, pour te faire partager mon amour de la montagne.
Après avoir mangé, je dois déjà repartir au travail. Il est six heures, je quitte mon domicile. Mon père, toujours sans nouvelle, va partir à Saint-Nazaire rejoindre Romuald.
Sept heures du soir. Travail, service, fatigue et je pense à toi. Je fais mon premier pourboire correct depuis trois semaines dans cette entreprise, 56 euros.
Enfin je sors à 23h45 et j’apprends par mon père que tu es né, que tu t’appelles Maël. La suite tu la lis…

J’ai pensé toute la journée à la rédaction de ce texte, pour enrichir tes souvenirs. Je vais essayer de garder aussi le journal d’aujourd’hui pour toi (ce qui ne va pas être facile ! hihihi !). En voici les faits marquants, en ce jour de ta naissance :

A la une du journal Libération, il y a le décrochage en bourse du titre EADS, maison mère du fabriquant européen d’avion Airbus suite à de multiples retards de livraison.
Ce même journal vit des heures inconfortables avec le départ annoncé d’un de ses fondateurs et directeur historique Serge July. L’autre fondateur du journal étant le philosophe Jean-Paul Sartre. C’est mon quotidien favori.
On apprend que l’image des USA dans l’opinion mondiale est en chute libre.
L’humoriste Raymond Devos est mort à 83 ans. Un monstre du comique français disparaît. Moi je n’appréciais pas trop mais c’était un vrai virtuose des mots.
Un rapport dénonce les comptes cachés sur le budget français et la dette qui se creuse… La droite avec l’UMP soigne ses comptes avant les élections en 2007.
Un danois de 37 ans a été acquitté aux assises après avoir euthanasié sa femme atteinte d’un cancer en phase terminale ; le bon sens et l’humanisme triomphent enfin !
Le contrat d’union social pour les couples de même sexe (le PACS) vient d’être amélioré, presque l’équivalent d’un mariage sans les droits moraux et le titre…


J’ai tant de choses à te dire ; des simples et d’autres plus compliquées que tu ne comprendras qu’avec le temps. Dans mon blog, j’essayerai de te faire partager mes opinions. Elles seront parfois excessives ou sans objet mais elles traduiront une part de ma vérité, vecteur de mon humanité imparfaite. Mais je suis ton parrain depuis ce matin du jeudi 15 juin 2006 et je veux te dire plein de choses.
Et nous avons toute la vie pour nous dire ces choses.
Je t’aime et t’embrasse très fort Maël.

Johann

1 commentaire:

Jacqueline et Johann a dit…

Belle gazette et joli message d'amour à notre Maël.
Tu as une grande responsabilité JOhann. En te choisissant comme parrain, Romuald et Stéphanie te marquent leur affection et leur confiance.
Et cet arrêt programmé de fumer à la naissance du petit ?