jeudi 20 juillet 2006

Jacqueline - L'été s'ra chaud !



"L'été s'ra chaud" ! Les experts en météorologie ne cessent de marteler cette antienne ! Et je vous assure qu'en Loire Atlantique, la situation est préoccupante : l'herbe se fait rare, les potagers ne sont que l'ombre d'eux-mêmes, la ramure des grands arbres perd de son brillant et les fleurs meurent les unes après les autres, tout simplement !
Alors nous pensons que cette situation est la conséquence de la dégradation de notre couche d'ozone. Sans doute, mais je me garderai bien d'épiloguer sur un sujet que je maîtrise à peine.

Par contre, il me souvient dans mon enfance, que nous vivions des saisons très marquées : hivers rigoureux et étés torrides entrecoupés de printemps éclatants et d'automnes flamboyants. J'enjolive ? Si peu ! Quand venait le temps des vacances, j'allais passer des journées entières à la ferme de mes grands-parents adoptifs et cette saison, que nous ne qualifiions pas d'estivale à la campagne, était celle de la moisson, un temps de travail intense. De l'aube à l'aurore, c'était un défilé de charrettes pleines "jusqu'à la gueule" de paille et de sacs de blé, et les hommes et les femmes, chacun à leurs postes, participaient à ces récoltes qui donnaient lieu, quant le dernier champ se trouvait nu, à de grandes jouissances !
Pendant que les adultes s'échinaient à la tâche, nous, les enfants, nous jouiions dans les mulons de paille et faisions dix fois le trajet entre la maison et l'aire de battage pour apporter aux travailleurs des cruches de cidre frais.

Entre midi et quatre heures, nous nous reposions dans les lits profonds comme des gorges. Les murs, épais comme ceux d'une forteresse, gardaient la fraîcheur et les volets, clos sur des potées de généraniums qui nous préservaient des moustiques, laissaient passer des épées de lumière, qui s'en allaient frapper la table de chêne, meuble autour duquel nous nous retrouvions pour des agappes de lait, de lard et bien d'autres produits dont je n'ai jamais retrouvé la saveur...

L'été, c'était aussi le temps où je partais dès mâtines avec mon grand-père pour "faner". Muni d'une serpe, il s'en allait faucher et nettoyer les fossés, à la recherche de vipères qu'il enfouissait prestement dans un sac de jute ; ces pauvres bêtes fournissaient leur venin pour la fabrication de vaccin. J'étais fascinée par la dextérité de pépère !

Les étés torrides nous précipitaient aussi dans le rû voisin où nous nous ébattions joyeusement en culottes, garçons et filles, sans penser à mal, du moins les petits car je soupçonne les adolescents d'y avoir caressé d'autres plaisirs que celui de la baignade !

L'été, c'était aussi le temps des ventrées de prunes ; nous nous couchions sous les arbres et dévorions à pleine bouches les fruits éclatants de soleil et de jus. Bouches gourmandes, bouches lie-de-vin, bouches rieuses d'enfants qui ne pensaient pas qu'un jour il leur faudrait devenir grands !

Soleil, source de vie et de mort, soleil, qui éclabousse sa lumière sur les hommes, soleil, qui meurtrit les chairs, soleil, qui participe à la grande parturition de la terre, soleil, qui fait fondre les glaces, soleil qui se couche royalement sur nos terres, comme le Maître.....

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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