Lorsque j'étais à l'école, j'ai découvert avec effroi l'histoire de France et du monde, jalonnée de guerres et autres tueries sans nom.Les nombreuses années de catéchisme nous apprenaient qu'il fallait défendre son prochain, compatir et pardonner.
Puis un jour, on étudia la Shoah. Les professeurs nous dirent alors, avec raison, que ce génocide, tout à fait particulier dans sa froide et technique exécution, marquait un point de non-retour de l'histoire de l'humanité.
Je me suis documenté, j'ai dévoré de nombreux livres sur le système nazi et sur les circonstances qui ont conduit à une telle horreur. J'ai vu l'effroyable grâce à des documentaires et me suis pris d'une soif de connaissance sur le système concentrationnaire.
Plus jamais ça disait-on. On le dit encore... Que s'est-il passé depuis la libération des camps par les alliés en 1945? Et bien l'Europe a fait un travail de mémoire plus ou moins complet et surtout, elle a fait la paix. Plus jamais ça, entre nous en tous cas!
Le Darfour n'est pas très loin.
La corne de l'Afrique est dévastée par une guerre civile mâtinée d'épuration ethnique qui ne cesse de s'étendre aux pays voisins. Depuis 2003, l'on parle d'au moins 200 000 morts par famine, maladie et attaques.
C'est une guerre complexe ou il semble bien difficile d'affirmer qui est le bon, qui est le méchant. La politique, la religion et les ressources naturelles sont mêlées à l'influence nauséabonde de la Chine qui semble tirer les ficelles de ce conflit.
Depuis 4 ans que ce conflit existe, la communauté internationale ne semble pas avoir eu une réponse féroce à cette situation que l'on qualifie parfois de "génocidaire".
Riche d'informations, de photos, de reportages en tout genre, nous pouvons dire que nous sommes assez informé sur ce qui se passe; les viols systématiques, les déplacés, les trafics d'armes et compromissions politiques.
Mais on le savait aussi pour le Rwanda, le Tibet et, bien sûr, pour la guerre en Yougoslavie, à nos portes.
Nous avons, peuples occidentaux, gardé les yeux bien ouverts sur ces guerres. Nous n'ignorons plus rien.
Qu'en déduis-je? Tout simplement que le fond général de l'Homme est de s'en foutre royalement. Moi, mon voisin, mon député, ma belle-soeur, on s'en cogne des génocides.
C'est volontairement provocateur comme formule mais qui peut dire que c'est entièrement faux? Le propre de l'Homme semble être aussi sa capacité à regarder un inconnu crever à ses côtés sans broncher.
Et je rends d'autant plus un hommage vibrant aux femmes et hommes qui s'engagent, qui cherchent à faire bouger les choses au sein d'institutions politiques, civiles ou humanitaires. Ces gens là semblent vraiment être plus bon que nous.
1 commentaire:
Le danger, devant la profusion des images, serait de s'habituer, de ne plus réagir, en effet.
Chaque jour nous apporte son lot d'horreur, et je ne pense pas seulement aux guerres... Oui, je me sens concernée : je signe des pétitions, manifeste, écris, interpelle les élus. Modeste tout ça, j'en conviens... mais au moins, j'agis.
Les gouttes qui frappent inlassablement la pierre, finissent par l'entamer. Faisons de même auprès de celles et ceux que nous élirons demain aux législatives. Voter, un geste citoyen qui peut faire changer les choses. Notre indifférence et notre fatalisme, aident les bras armés. Courage, l'utopie fait avancer les choses !
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