
Comme il est agréable de déambuler dans les allées du Père Lachaise ! C'est un lieu paisible et de méditation, par excellence. Nombreuses sont les tombes disloquées, aux noms effacés, qu'a fait éclater le végétal nourri de la substance chimique, phosphorescente et irradiante des morts. Symbiose entre la plante et la chair, association végétalo-animale heureuse. On se dit que dans une goutte de temps, deux ou trois cent ans, rien ne subsistera plus de ces reliefs. Les tombes seront entrées dans la terre, dans le néant, nous devons accepter cela sans gémir.
Des inconnus dorment sous des mausolées splendides, quelques bas-reliefs, ici et là, représentent des évènements oubiés de tous, des ministres occupent à eux seuls de vastes carrefours, comme s'ils avaient été des César ou des Bonaparte et puis, au haut d'un promontoire, entre deux monuments, Paris vous apparaît dans une poussière rose et or, le Paris vivant, dont une petite partie viendra à son tour dormir ici. La grande Faucheuse se repaît, sans menace d'indigestion !
Qui se souvient encore des batailles de Mai ? Je veux parler de la Commune de Paris bien sûr. Après une gravitation de soixate-dix-huit ans, une nouvelle onde de terreur s'abattait sur Paris, giration sanglante qui fit place, à son tour, à l'apaisement. Notre passé, le passé des nôtres, s'écoule mais il y a promesse ! Nous voulons vivre, pour le bleu des rivières, pour ses rivages de chair, ses écailles de pierre, nous voulons vivre, pour les chaudes nuits d'été, les livres à feuilleter, les roses à effeuiller, nous voulons vivre, pour le mot qui nous hante, l'odeur marine et la froidure de décembre... Vivons !
1 commentaire:
Merci pour ce très bel hommage au Père Lachaize où reposent tant de belles âmes et à cette belle ville où vivent tant d'autres. Voilà longtemps que je n'y étais pas allée et cela m'en redonne l'en-vie.
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