lundi 2 mars 2009

Jacqueline - L'homme qui tua Hotz


Le 20 octobre 1941, Gilbert Brustlein exécutait de deux balles le lieutenant colonel Hotz, rue du Roi Albert, près de la cathédrale de Nantes. Il fut aux côtés du Colonel Fabien quand celui-ci exécuta Alfons Moser au métro Barbès le 20 août 1941.
A Nantes, en compagnie d'autres résistants, son chemin croise celui du Feldkommandant Hotz, qu'il abat.

En représailles, Hitler exige des otages, 48, que les nazis fusilleront . Sur cette liste figurent Guy Môquet, de Châteaubriand, Léon Jost, de Nantes, André Le Moal, de St Nazaire...et d'autres...
Cette exécution déclenche une émotion considérable ! Pendant longtemps, l'action du commando restera tabou au sein du parti communiste, lequel aura du mal à assurer sa responsabilité. Les jeunes FTP seront accusés de la mort des "48 " et Brustlein, seul survivant du commando des Bataillons de la Jeunesse, proche du PCF, affrontera avec beaucoup de courage injures et calomnies. Sa mère sera déportée et tuée à Auschwitz en février 1943 (il était orphelin de père). Après la guerre, Monsieur Brustlein quittera le Parti, "qui l'a renié" et a refusé de reconnaître son rôle de résistant.
Il faudra toute la persévérance de l'écrivain Louis Oury pour réabiliter sa mémoire et celle de ses compagnons. 60 ans plus tard, devenu un vieux Monsieur, Gilbert Brustlein sera reçu en Mairie de Nantes où Michel Jost, fils d'un des fusillés, lui serrera la main, en geste d'apaisement.

Gilbert Brustlein est décédé mercredi dernier à Paris, à l'âge de 89 ans. Sur la plaque commémorative posée rue du Roi Albert, son nom cotoiera désormais ceux de Spartaco Guisco et Marcel Bourdarias, ses camarades, torturés et fusillés par l'occupant pour d'autres faits de résistance.

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