mercredi 1 octobre 2008

Carnet de vacances en Haute Maurienne.

C’est usé, repassé voire déconfit par des mois de travail harassants que j'arrivais le mardi 16 septembre à la gare de Lyon, accompagné de Bruno. Le temps d’acheter quelques magazines, Etienne, troisième larron de cette équipée, nous rejoignit sur le quai. En route pour de fabuleuses vacances !

Nous avons pris la direction de mes Alpes chéries pour prendre possession de notre location sise à Aussois en Vanoise. Cette petite station savoyarde est chère à mon cœur depuis si longtemps ! De taille humaine, forte d’une vraie histoire et d’un ensoleillement généreux toute l’année, Aussois se découvre en hiver comme en été. Adossé à la Dent Parrachée, le village est une des portes d’entrée sur le splendide parc national de la Vanoise.

Gérard et son taxi nous ayant prestement amenés à bon port, nous prîmes alors possession de ce 40 mètres carrés situé en haut de la station, devant un panorama à nous décrocher la mâchoire ! "Nous allons être bien ici !" Déjà les repères revenaient et d’amicaux visages nous reconnaissaient. Comme une certaine impression d’être chez soi…

Motivé comme un seul homme, nous décidâmes, dès le lendemain, de nous lancer dans une randonnée. Partirions-nous pour les Balmes, le ruisseau St Pierre, les Arponts ? Nul, en vérité, ne le savait, d’où le problème qui s’en suivit. A force de changer de direction, de quitter les chemins balisés, nous entreprîmes de remonter une grande pente encaissée. Plus nous montions, plus l’inclinaison était forte, tant et si bien que j’en chiais un maximum (navré, mais je ne vois pas de terme plus approprié !). Enfin arrivés au sommet, et bien… rien. Cul de sac ! Descente et nouvelle rude ascension un peu plus loin, laquellen ous emmenait sur le domaine skiable. A ce moment précis, lors d’une courte pause pour retrouver l'husage dun de mes poumons, j’exprimais le souhait de ne pas insister plus avant et d’opter pour une retraite tactique au foyer.

Bilan ? La première journée, faute d’avoir été une mise en jambe, fut une déconstruction totale de la petite énergie avec laquelle je quittais Paris. Autant dire qu’après un copieux repas et quelques verres de bon vin, la nuit fut salutaire !

Il fallait donc absolument lever le pied sur ce type de difficultés. Le lendemain, après un copieux petit déjeuner ensoleillé sur la terrasse, nous fîmes le tour du plateau d’Aussois : redécouverte du fort Marie-Christine, de son panorama exceptionnel , des vallons arborés autours du vieux village et ce, malgré un vent bien présent.

Très présent même ! Du coup, j’ai attrapé un vilain rhume. Cette crève plus le contrecoup de la première ballade m'incitaient à déclarer forfait pour toute activité le vendredi. Ce qui ne m’empêcha point d’honorer notre dîner au fort, un repas composé de foie gras à la gelée de figue, de succulentes côtes d’agneau au gratiné de crozets et d’un soufflé glacé au génépi qui ne m'a pas laissé insensible. Je ne vous parlerai pas du Mercurey premier cru… Je dois bien dire qu’à l’instar de mes précédents séjours en Savoie, le gustatif fût à la hauteur des sommets qui nous entouraient !

Le clocher du village sonna dès mâtine le dernier jour de présence d’Etienne, lequel était rappelé par son aérien de métier. Afin qu’il parte dans une apothéose visuelle et sonnore, nous avons découvert les contreforts de l’Arc et parcourut tous les forts de l’Esseilon, ceinture d'une défense construiet sous le second Empire comprenant quatre ensembles architecturaux dont le plus majestueux est sans conteste le Victor-Emmanuel. Pour nous consoler du départ de notre compagnon, je me mis au fourneau : Tartiflette home-made et Riesling… Pas mal !

Le dimanche, en duo, fut consacré à une grande ballade qui nous mena jusqu’à Sardière en passant par le site archéologique d’Aussois. Les affres du temps sont proportionnellement visibles à la disparition des empreintes des premiers hommes qui peuplèrent ce plateau accueillant au néolithique. Je dois malheureusement noter le peu de respect de nos contemporains pour ces témoignages du temps passé, roches historiques irrémédiablement souillées par des inscriptions bêtifiantes !
Le retour se fît par le Monolithe, énorme phallus rocheux, vestige des érosions engendrées par de successives périodes climatiques.

Mais il nous fallait prendre un peu de hauteur aussi, le lundi, nous partîmes avec Bruno pour un des plus beaux moment de cette session.
A hauteur du Plan d’Aval, nous fîmes le tour des deux barrages successifs construits entre le Rateau d’Aussois et la Dent Parrachée. Que d’émerveillement durant cette ballade qui nous conduisit au refuge du Fond d’Aussois. Les sources, nombreuses, la couleur pure et profonde des lacs disputaient notre bonheur d’observer de si près tant de marmottes, peu farouches, et les premiers glaciers. Le sommet atteintnous amena au refuge de la Dent, lequel culmine à plus de 2500 mètres. La descente en compagnie de troupeaux de brebis et de vaches clocheteuses, ajoutait au pittoresque et au dépaysement. Quel circuit mes enfants !
Histoire de fêter cela, nous avons testé la vodka française Vertical. Forte !

Le lendemain, histoire de lever le pied, nous sommes partis en direction des Balmes et la source de la Fournette. Le temps, incertain sur les hauteurs, ne nous permit pas de plus amples folies. A nous donc les sous-bois généreux en surprises ! Bien caché dans les abondantes mousses, nous découvrîmes de rougeoyantes petites fraises des bois que nous n’avons pas oser cueillir pour ne pas perturber ce bel agencement. Et puis, tout au long de cette marche, ce fut un festival de champignons. Regrettant fort de ne pas avoir d’ouvrage pour les reconnaître, nous nous nous sommes contentés de les immortaliser par de nombreux clichés. Peut-être connaissez-vous leurs noms ?
Après avoir caressé cheveaux et ânons, nous revenions assez tôt. Fatigués par ce sport assez inhabituel pour Bruno et moi et pour nous remettre de nos émotions, nous découpions du pain, du Comté, du Beaufort et de l’Emmental, ouvrions une bouteille d’Apremont et dégustions une inénarrable fondue !

Hélas, arriva le dernier jour ! Après un petit déjeuner tristoune, nous repartîmes en direction du plan d’aval pour attaquer un beau tronçon du GR5, sentier qui fait le tour du parc national. Ce fut encore un festival de marmottes, de bouquetins, d’oiseaux. Arrivés à la Tura, nous fûmes pris dans une très légère averse de neige. C’est qu’il ne faisait pas vraiment chaud !
Nous redescendions par la Loza, soit près de 800 mètres de dénivelé négatif d’un coup. Une horreur ! Un chemin que je ne conseille pas. Des chiens de pâtres ont même tentés de nous aider à un moment difficile ! hihihi !
Cinq heures trente de marche d’une réelle beauté, en communion avec l’essence même de la vie.

Après une courte nuit, il était temps de nous diriger vers le Leman et de retrouver le Vieux Moulin. Mais ça, c’est une autre histoire !...

1 commentaire:

Jacqueline et Johann a dit…

Comme cette gazette donne envie !
Oui, j'eusse aimé parcourir avec vous ces sentiers familiers, admirer la faune et la flore, plonger le regard dans la vallée après l'effort...
C'est une joli fenêtre sur une des plus belles des régions de notre beau pays.